Vingt-neuf ans après sa création, le magazine Les Débrouillards atteindra, en janvier, le cap des 300 numéros. Rare magazine éducatif consacré à la science produit au Québec, Les Débrouillards est parvenu à garder sa place dans un monde de plus en plus tourné vers les médias électroniques. Métro s’est entretenu avec l’éditeur du magazine, Félix Maltais, au sujet de la réussite des Débrouillards et de son avenir.
Êtes-vous surpris par la longévité des Débrouillards?
Au départ, quand on a lancé le magazine sous forme de bulletins polycopiés, on ne s’attendait pas à ce que ça aille si bien si longtemps et qu’on deviendrait le principal, voire le seul, magazine éducatif fait au Québec. On ne croyait pas non plus faire des petits. Pourtant, on a lancé, il y a une dizaine d’années, Les Explorateurs, un magazine axé sur la nature et l’environnement, destiné aux jeunes âgés de 6 à 10 ans.
Quel est l’avenir du magazine?
Je crois encore beaucoup à l’imprimé et à l’avantage de recevoir un magazine à la maison. Pour l’enfant, c’est un gros plus. C’est du courrier à son nom. C’est presque un cadeau qui arrive par la poste. Un magazine, c’est plus qu’un papier, c’est une relation. Le développement du magazine se fait donc par l’exploration d’autres champs d’intérêt. Cette année, on a décidé de lancer six numéros hors-série consacrés aux sports et aux arts. Jusqu’à maintenant, la réponse des abonnés est très bonne.
Est-il difficile d’intéresser les jeunes d’aujourd’hui à la science?
Non, la science est toujours très intéressante pour les jeunes, particulièrement à partir de 7 ou 8 ans, alors qu’ils veulent tout savoir. Les jeunes ont une belle curiosité, ils ont le goût d’apprendre et ça se sent.
Le magazine a-t-il subi des transformations importantes au fil des ans?
Au niveau du contenu, on a réduit la proportion de textes et les longues dissertations. On a encore beaucoup de contenu, mais on a ajouté davantage de photos et une mise en page plus éclatée. On n’a pas le choix parce que les enfants consomment beaucoup de jeux vidéo et naviguent beaucoup sur l’internet. Quand ils voient une page du magazine, il faut qu’ils aient le goût de la lire.
La disparition de l’émission de télévision Les Débrouillards a-t-elle nuit au magazine?
C’est sûr que la disparition a fait mal, particulièrement au début. L’émission de télévision était un puissant outil de communication qui a contribué à faire connaître le magazine. L’effet de la télévision continue d’ailleurs de se faire sentir. La génération qui a connu l’émission s’en rappelle et connaît le magazine. C’est sûr que si on avait encore une émission, ça nous aiderait, mais on peut se débrouiller sans.
Prévoyez-vous le retour des Débrouillards à la télévision?
L’émission est toujours dans nos plans, mais les diffuseurs ne semblent pas prêts. Au cours des 10 dernières années, on a fait deux grosses tentatives avec Radio-Canada et Télé-Québec, mais ça n’a pas abouti. On garde espoir.