France D’Amour a dû calmer les ardeurs de son claviériste à quelques reprises durant l’enregistrement de son dernier album. «Il en mettait trop, raconte-t-elle. Je lui ai dit : « Philippe, on le sait que t’as du talent pis que tu peux jouer à 100 miles à l’heure, mais il faut que tu ralentisses. Oublie pas qu’il y a du monde qui va faire l’amour sur ce disque-là! »»
Neuvième opus de France D’Amour, Bubble Bath & Champagne est aussi son premier en anglais. La chanteuse y reproduit le son des années 1920, défini par les compositeurs de la trempe de Gershwin et compagnie. À l’origine du projet, France D’Amour souhaitait offrir des relectures des grands standards jazz de l’époque. La direction du disque a toutefois pris une tournure inattendue lorsque la star a empoigné sa guitare après une dure journée de travail en studio.
«Je me suis mise à composer dans ce style-là, sans les limitations qu’on a l’habitude de se mettre quand on écrit de la pop, raconte-t-elle. Le lendemain, j’ai joué deux tounes aux gars et par leurs encouragements, ils m’ont donné le coup de pied au derrière dont j’avais besoin pour continuer.»
De toutes les reprises qu’elle avait enregistrées avant cette fameuse soirée, France D’Amour n’a gardé que Night and Day de Cole Porter et What the World Needs Now is Love de Burt Bacharach. Le reste du CD est constitué de ses propres créations.
France D’Amour a hésité entre plusieurs titres avant d’arrêter son choix Bubble Bath & Champagne. Parmi les options rejetées par la rockeuse en veilleuse, citons Love Letters, Sentimental Notes et French Kiss. «Les gens qui écoutaient le disque me disaient que ça donnait le goût de prendre un verre de vin devant un feu de foyer, explique-t-elle. C’est en déconnant avec mon guitariste qu’on est arrivés à Bubble Bath & Champagne. Souvent, quand je suis dans le bain avec des chandelles pis de la mousse, c’est le genre de musique que j’écoute. C’est très fleur bleue, mais je l’assume.»
France D’Amour insiste : cette incursion dans le smooth jazz n’est qu’une parenthèse dans sa carrière. En spectacle, pas question de passer ses vieux tubes au tordeur et de les soumettre à ce traitement-choc. «Je trouverais ça ridicule. Animal en version jazz, ce serait ridicule! lance-t-elle. Il fallait que je fasse ce disque-là pour assouvir ce désir de musicienne, de songwriter. Aujourd’hui, c’est fait. Je me suis lâchée lousse. J’y suis allée à fond. Le prochain album, on va revenir à la normale.»
La vraie France D’Amour?
Bubble Bath & Champagne s’ouvre sur Sorry I’m Happy, une pièce sur laquelle France D’Amour dit ne s’être jamais sentie aussi libre. «At Last I Can be Me», souffle-t-elle. Devant de telles révélations, peut-on conclure que la vraie France D’Amour chante en anglais? «Tellement pas! Écoute-moi parler! s’exclame la principale intéressée. Si c’était mon premier ou mon deuxième disque, je comprendrais qu’on veuille me prêter des ambitions de carrière en anglais. Mais j’ai huit albums en français à mon actif. Je n’ai pas à prouver que je suis une pro francophone.»
Bubble Bath & Champagne
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