Culture

Blackbird: l'avantage du terrain

La Belle Province ne manque pas de neige. C’est même une des principales raisons qui ont incité l’équipe du long métrage américain Blackbird à venir tourner au Québec, notamment dans la région d’Iberville et d’Oka. S’il fallait parfois la recréer pour ne pas «briser» la magie du cinéma, le froid, lui, n’a pu être évité.

«Mon premier jour de tournage coïncidait avec mon anniversaire, raconte la comédienne Olivia Wilde, l’héroïne de Tron: Legacy, qui sera bientôt à l’affiche du très attendu Cowboys & Aliens. Pour le tournage d’un accident de voiture, j’étais en mini-robe, dans la neige, par une température de -20 oC… Et Eric [Bana] me murmurait : « Bonne fête. »»

Enchantée par son premier séjour à Montréal et dans ses environs, la vedette de Hulk et du récent Hanna a d’abord et avant tout été attirée par ce projet en raison de la qualité de son scénario. «J’ai eu un gros coup de cÅ“ur pour l’histoire, explique l’élégant Eric Bana, tout de noir vêtu. C’est de plus en plus difficile de trouver un script original et d’arriver à le faire financer. »

Blackbird se déroule au Michigan en 48 heures. Un frère (Bana) et une sÅ“ur (Wilde) aux relations troubles sont en cavale, et leur chemin croise celui d’un boxeur qui vient tout juste de sortir de prison (Charlie Hunnam). Le film, décrit comme un mélange de western, de True Romance et des opus des frères Coen ainsi que de ceux de Quentin Tarantino, met également en vedette Sissy Spacek, Kris Kristofferson et Treat Williams.

Ici comme ailleurs
Une certaine fébrilité régnait sur le plateau de tournage. L’équipe technique s’affairait à bien préparer un plan où un seul degré de différence au niveau de la luminosité était suffisant pour ne plus faire scintiller correctement la robe d’Olivia Wilde. Des détails primordiaux à respecter au sein de cet essai tourné au Canada, mis en scène par un cinéaste autrichien (Stefan Ruzowitzky) et mettant en vedette des acteurs australiens, britanniques et américains.

«Lorsque la tension montait et que ça ris­quait d’éclater, les gens de l’équipe se mettaient à parler en français! se rappelle en riant Charlie Hunnam, qui était de la distri­bution de Children of Men et de Cold Mountain. Le réalisateur leur disait : « En anglais, en anglais; lorsqu’il y a un problème, parlez en anglais! »»

Après avoir mis la main sur l’Oscar du meilleur film étranger en 2007 grâce à Les faussaires, Stefan Ruzowitzky n’a pas voulu faire comme son compatriote Florian Henckel von Donnersmarck (La vie des autres) en tournant une superproduction hollywoodienne (The Tourist), mais en s’essayant à quelque chose de plus modeste. «Les gens de mon pays pensent que, comme je fais un film aux États-Unis, j’ai droit à un budget considérable. Ce qu’on fait ici n’est pas différent de ce qui est fait dans le reste de l’Europe. On a seulement 22 jours de tournage et il faut se battre pour respecter les coûts.»

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