Culture

Nabila Ben Youssef : «Je suis le mouton noir de la Tunisie!»

Marc-André Lemieux - Métro

Quand il a fallu trouver l’adresse de son site internet, Nabila Ben Youssef a arrêté son choix sur nabilarebelle.com. La décision de l’humoriste ne tient pas du hasard. Arrivée au Québec au milieu des années 1990, cette Tunisienne d’origine revendique sa liberté depuis son tout jeune âge. «Je suis un peu le mouton noir de la famille… et même du pays!» lance celle qui fait désormais partie de l’écurie Juste pour rire. Nous avons discuté avec Nabila de son nouveau spectacle, Drôlement libre, une version revue et corrigée de son précédent one woman show, Arabe et cochonne.

Après Arabe et cochonne, vous revenez avec Drôlement libre. Pourquoi avez-vous opté pour un titre moins provocateur?
Parce que ça résume mieux mon parcours. Avec Arabe et cochonne, je voulais quelque chose de punché qui attire l’attention.

Votre vie a-t-elle changé depuis que Juste pour rire s’occupe de votre carrière?
Oui. L’an dernier, j’étais prête à tout abandonner quand j’ai donné mon spectacle au Gesù. Et par miracle, j’ai eu de très bonnes critiques et Juste pour rire m’a approchée. Ça donne des ailes, de l’assurance et de la confiance. Aujourd’hui, je me sens entourée, appuyée et soutenue. Je ne suis plus seule à crier. C’est comme dans une manifestation. Plus les gens sont nombreux, plus c’est fort.  

Ressentez-vous une pression supplémentaire depuis l’intervention des sÅ“urs Rozon?
C’est le plus gros défi de ma vie : je dois travailler très fort pour montrer que je suis à la hauteur de cette confiance. Il y a beaucoup plus de pression et de stress, mais je m’en fous. J’y suis habituée. Depuis que je suis arrivée au Québec, je me bats, je vis dans l’insécurité.

Avec Arabe et cochonne, vous aviez pour objectif de faire tomber les préjugés à l’égard du monde arabe. Votre but est-il demeuré le même avec ce spectacle?
Oui. J’ai envie de brasser les choses. C’est le temps de commencer à rire de l’islam et de Mahomet, comme on le fait depuis longtemps avec Jésus, Moïse et le christianisme.

Que pensez-vous de ce vent de changement qui souffle sur les pays du monde arabe et qui a notamment fait tomber le dictateur tunisien Ben Ali?
Je suis très contente. Les gens en Tunisie sont prêts à accueillir la démocratie, ce qui n’est pas le cas de tous les pays du monde arabe, comme la Lybie par exemple.

Drôlement libre
Au Théâtre St-Denis 2
Mercredi soir à 20 h

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