Culture

La Run: comme si vous y étiez

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Pour écrire le scénario de La Run, l’acteur, scénariste et producteur Leonardo Fuica a passé deux ans à s’entretenir avec des gens fréquentant de près ou de loin le milieu du trafic de drogue. Après avoir cô­toyé ceux-ci, il a eu envie de transposer cette réalité à l’écran de façon très réaliste. «J’ai voulu m’éloigner des clichés et montrer le côté humain de ce milieu, affirme le scénariste. Parce que même le plus gros tough est un être humain.»

La Run est le premier film signé par les deux frères Fuica (Leonardo à la production et Demian à la réalisation). «J’avais une bonne base après avoir rencontré tous ces gens, et Demian et Martin Poirier [le troisième scénariste] m’ai­daient à faire le tri et à ajouter le côté dramatique.»

C’est ainsi qu’est née l’histoire de Guillaume (Jason Roy-Léveillée), un jeune homme qui, pour effacer les dettes de jeu de son père, accepte de livrer de la drogue en compagnie de son meilleur ami (Marc Beaupré). Il devient rapidement le chouchou du grand patron (Nicolas Canuel), ce qui attise la jalousie d’un autre livreur (Pierre-Luc Brillant).

Les comédiens admettent d’emblée que la liberté dont ils jouissaient grâce au cachet très réaliste que souhaitaient obtenir les frères Fuica les a séduits. «Il ne fallait pas jouer, mais plutôt improviser. Il fallait que que ça soit cru, pas trop romancé, raconte Jason Roy-Léveillée. J’étais très content, parce que ça m’emmenait ailleurs par rapport à ce que j’avais pu faire auparavant.»

Pierre-Luc Brillant, qui a été frappé par le côté très «radical» du scénario, ajoute ne pas avoir eu beaucoup de recherches à faire pour arriver à incarner son personnage. «Quand tu joues un gars qui livre de la drogue à un junkie en man­que et qui demande des faveurs sexuelles à la blonde de celui-ci, le tout sous les yeux de leur enfant… Ce n’est pas trop compliqué de se mettre dans la peau du personnage!» lance-t-il.

Les frères Fuica et Jason Roy-Léveillée croient que La Run serait un film idéal à présenter aux jeunes
des écoles secondaires. «La drogue, ça commence de plus en plus tôt, dit le comédien. Ce genre d’histoire montre que c’est correct de faire des expériences, mais qu’il faut être conscient des risques qu’on prend.»

Et l’argent?
On a beaucoup entendu parler de La Run depuis son tournage, mais pas toujours pour de bonnes raisons. Rappelons que la production a souffert de problèmes financiers, qui ont mené à l’inter­rup­tion du tournage et à sa reprise un mois plus tard, avec une équipe réduite. Il faut dire que la production ne jouissait d’aucun finance­ment gouverne­mental, sinon les crédits d’impôt.

«Je ne referais pas un film dans ce genre de circonstances!», soutient Leonardo Fuica. Demian ajoute : «Leonardo et moi n’avons encore touché aucune somme d’argent avec ce film ça fait deux ans qu’on vit sur les cartes de crédit… Il fal­­lait vraiment qu’on y croie, à ce projet!»

La Run
En salle dès vendredi

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