Pas facile d’enfiler les blagues en dessous de la ceinture sans verser dans l’humour de bas étage. Parlez-en aux humoristes du Show XXX, Cathleen Rouleau, Martin Félip et Mathieu Cyr. Au Club Soda ce week-end, le trio ne s’est malheureusement pas montré à la hauteur de nos attentes, proposant des numéros prévisibles qui manquaient de vernis. Car qui dit jokes de fesses ne dit pas nécessairement absence de deuxième degré.
Prenez Mike Ward, par exemple. Il a beau dire les pires obscénités, il réussit toujours à nous surprendre grâce à des textes peaufinés et punchés. Ce n’est pas parce qu’on privilégie un style cru et vulgaire qu’on doit absolument oublier le travail de peaufinage.
Le spectacle a pourtant bien débuté. Déterminée à donner «un soupçon de classe» à la soirée, Cathleen Rouleau s’est lancée dans la lecture d’un poème de Baudelaire, au grand plaisir de ses confrères, qui en ont profité pour multiplier les pitreries dans son dos (une scène impliquant un strap on et un poulet rôti).
Grande habituée de ce type d’événement, Rouleau a par la suite raconté sa virée dans un sex-shop, partageant ses impressions sur chacun des objets qu’elle y avait trouvés. Du déjà vu plutôt efficace. Martin Félip a pour sa part provoqué les pires moments de malaise de la veillée en discutant de sa fille dans un monologue truffé de sous-entendus à connotation sexuelle. Quant à Mathieu Cyr, ses chansons coquines jouées à la guitare nous ont divertis, mais sans plus.
Parmi les bons moments de cette nouvelle édition du Show XXX, citons une partie du jeu de société Cranium, version cochonne (rebaptisé Scrotum pour l’occasion), quelques extraits de la grande finale («Au Québec, on n’est peut-être pas des bâtisseurs, mais on est toujours en construction!») et une apparition-surprise de Vincent C, un magicien trash dont le numéro haut en couleur alliait nudité gratuite, hula-hoop et tours de passe-passe. Il se produit en solo au Studio Hydro-Québec du Monument- National jusqu’au 30 juillet.