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Culture

Un retour en champion

Marc-André Lemieux - Métro

«Merci à tout le monde qui m’a supporté, à ceux qui m’ont enduré, qui m’ont écouté. Et merci aux autres qui m’ont sauvé la vie!»

Un an presque jour pour jour après avoir annoncé qu’il souffrait d’un cancer du sang (et quelques mois à peine après avoir confirmé sa rémission), Maxime Morin, alias DJ Champion, était de retour sur scène hier pour le premier de deux concerts au Métropolis. (Avis aux malheureux qui ont manqué cet incroyable rendez-vous : rien ne sert de sauter sur le téléphone, la supplémentaire de jeudi soir affiche déjà complet. Pour vous reprendre, vous devrez faire 250 km en direction de Québec et de son célèbre festival d’été, où Champion se produira le 9 juillet.)

Les lumières se sont éteintes aux environs de 21 h 30 pour se rallumer quelques minutes plus tard, après l’entrée en scène des G-Strings et de leur chef d’orchestre.

Précédée par une courte mais touchante allocution du DJ en vedette, l’intro en crescendo accompagnée d’un imposant mur de guitares (quatre au total) a lentement mais sûrement gagné la foule au parterre. Les cris ont fusé et les mains se sont levées dès les premières mesures de Tawoumga, un morceau tiré de Chill’em All (2005), un CD qui s’est écoulé à 100 000 exemplaires au pays. Mais c’est avec l’arrivée de Pierre-Philippe Côté, mieux connu sous le nom de Pilou, que le spectacle a véritablement décollé. Fidèle à son habitude, le chanteur a entonné l’accro­cheuse Backing Off avec un parfait mélange d’abandon, de justesse vocale, de fou­gue et de désinvolture.

Ont suivi deux extraits de Resistance, le dernier opus du DJ coulé dans le rock : les musclés Perfect in Between (pendant lequel Champion a momentanément quitté ses ordinateurs portables pour se payer une petite séance de bouncing avec le reste du groupe) et Sannois Beach, entrecoupée d’une portion a capella particuliè­rement efficace.

Au moment de mettre sous presse, on attendait toujours les bombes No Heaven et Alive Again, dont les paroles promettaient de résonner davantage en raison des événements des 12 derniers mois.

Curieux mariage

Dur, dur de réchauffer une salle. Surtout quand son style musical se marie difficilement avec celui de l’artiste qui nous succède sur scène.

C’est malheureusement ce qui est arrivé à Blood­shot Bill mercredi soir, en ouverture du spectacle de Champion. Le musicien montréalais s’est produit dans l’indifférence quasi totale. Guitare à la main, mini-batterie à ses pieds, l’homme-orchestre n’a jamais réussi à capter l’attention de la foule, qui en pinçait visiblement très peu pour son mélange de rockabilly, aussi furieux soit-il. Le musicien avait beau se secouer la tête (n’en déplaise à sa chevelure, qu’il peignait entre les chansons), exiger la participation de la salle et se lancer dans des envolées vocales aussi folles (du iodle?!) que
puissantes, il était seul sur son île.

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