Scarlett James se souvient encore de son premier contact avec le burlesque. La jeune femme, pourtant issue d’une famille d’artistes, n’avait jamais entendu parler de cette forme d’art, et c’est au hasard d’un spectacle auquel l’avaient emmenée des amies qu’elle y a été initiée.
«C’était un spectacle à petit budget, assez amateur, mais ça m’a immédiatement séduite. J’ai su que je serais capable de faire quelque chose d’encore mieux», s’exclame-t-elle.
C’est donc par les bons soins de la désormais célèbre diva du burlesque qu’est né le Festival burlesque de Montréal, qui célèbre cette année son troisième anniversaire. Un anniversaire marqué par l’ajout d’une troisième journée complète, possible grâce à l’engouement grandissant chaque année.
«C’est sûr que des films comme Burlesque ou Tournée nous ont aidés, parce qu’ils ont permis aux gens d’apprivoiser le concept, croit Scarlett James. Mais rendre l’art burlesque plus mainstream, c’est quelque chose que je m’emploie à faire depuis le début de ma carrière. Aujourd’hui, le public du festival comprend des présidents de grosses sociétés, des gens de l’industrie, et le grand public qui va aussi voir Jean-Marc Parent, par exemple.»
Des artistes venues de partout dans le monde prendront part au festival, se réjouit Scarlett James. «Il y a Cherry Typhoon, une Japonaise que j’aime beaucoup, et des filles de Hongrie, de Las Vegas, de New York… Par contre, je fais attention quand je programme des artistes de New York, car ce sont souvent des numéros plutôt heavy.»
En effet, pour Scarlett James, le bon goût est d’une importance capitale. «De la porno, on en trouve en faisant trois clics sur un ordinateur, plaide-t-elle. Moi, j’aime les sous-entendus, la séduction; je trouve que c’est un hommage au corps de la femme.»
Encore cette année, plumes, paillettes et séduction sont au menu du Festival burlesque de Montréal. «Avant la prohibition, Montréal était la capitale du divertissement. Il y avait toute une série de cabarets sur le boulevard Saint-Laurent – le Redlight… rappelle la diva. Aujourd’hui, Montréal est connue comme une ville de festivals, ce qui est bien, mais on a perdu le Redlight. Je trouve ça dommage, car ça fait partie de notre patrimoine. C’est en mémoire de cet âge d’or que j’ai créé le festival.»
Festival burlesque de Montréal
Au Club Soda de jeudi à dimanche