Culture

Un tremplin pour les finissants de l'École nationale de cirque

Marjorie Wirzbicki - Métro

Depuis un peu plus d’un mois, les finissants de l’École nationale du cirque préparent deux spectacles qui seront présentés à la Tohu à partir de mardi soir. Ces spectacles, qui constituent le point d’orgue de 3 ans de travail, sont des créations éphémères qui ne vivront que le temps des 12 jours de représentations.

«Après ça, les élèves commencent à travailler, ils sont rapidement engagés», note Marie-Josée Gauthier, metteure en piste de Pomme grenade. «Les spectacles servent de tremplin, confirme Julie Lachance, à qui l’on doit le deuxième spectacle, Messa. C’est une épreuve de synthèse qui valide tout le travail accompli à l’école et sert de repérage pour la suite.» Avec Messa (la messe, en italien), le spectateur assiste à une étrange cérémonie, pendant laquelle un groupe de squatteurs marginaux et illuminés accueille de nouveaux adeptes. Ainsi, avec cette cérémonie comme fil conducteur, le spectateur découvre l’un après l’autre les nouveaux disciples.

L’extrait présenté à la presse était centré sur un numéro de corde lisse, aux accents lyriques et à la poétique romantique, mais selon Julie Lachance, ce n’était qu’un fragment d’un spectacle aux styles éclatés. «Au lieu de faire entrer les individus dans le groupe, c’est nous qui entrons dans leur univers, rapporte-t-elle. Il y a des univers musicaux aussi différents que ceux de Gorecki et de Diane Dufresne.»

La mise en scène, «simple et sobre», jouera beaucoup avec l’éclairage, notamment pour inclure le public dans la célébration. Dans Pomme grenade, Marie-Josée Gauthier nous raconte une tout autre histoire, celle d’un soldat déserteur qui replonge dans son enfance. D’abord, il y a la pomme, et l’univers sucré de l’enfance, dans lequel les artistes évoluent dà la faveur d’une chorégraphie fluide et sans accrocs. Ensuite, il y la grenade, et l’irruption sur la piste d’un colonel cowboy, autoritaire et ridicule, dont les ordres grotesques donnent lieu à des pitreries rafraîchissantes.

Avec ce spectacle, Marie-Josée Gauthier a voulu rendre hommage aux révoltes du printemps arabe. Les metteures en piste ont dû travailler avec une contrainte particulière, celle d’intégrer à leurs créations les numéros individuels des jeunes artistes, qui préexistaient aux spectacles. Ces numéros, qui représentent «souvent le fruit de deux ans de travail», ne sont pas pour autant coulés dans le béton.

«On peut ajouter des choses, on en discute, dit Gauthier. J’aime que les étudiants proposent des choses. On échange beaucoup, on travaille ensemble, jusqu’à finalement se dire : « C’est ça ! »»

Avant tout
Les élèves de premier niveau en formation supérieure monteront également sur la scène de la Tohu. Sous la direction de Sébastien Guindon et de Danielle Lecourtois, ils présenteront un prélude de 30 minutes avant chaque représentation.

Messa et Pomme grenade
À la Tohu
Du 31 mai au 12 juin
Renseignements et réservations sur le site de la TOHU

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