Culture

RIDM: Un lieu de rencontre

Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) portent bien leur nom. Selon Charlotte Selb, la directrice de la programmation, c’est justement le fait que l’événement soit un lieu de rencontres privilégiées qui le démarque des autres festivals. «C’est un festival très accessible, pas « tapis rouge » du tout, explique Mme Selb. Outre les films, on offre beaucoup d’activités gratuites; des leçons de cinéma, des discussions, la possibilité de rencontrer les cinéastes. Les gens qui font du documentaire sont souvent très faciles d’approche, et ils sont à Montréal pour ça!»

Au-delà des activités parallèles, les cinéphiles auront cette année le choix entre 120 films différents, les­quels offrent un échantillon de ce qui s’est fait et des différentes tendances que les cinéastes ont explorées en 2011.  «Cette année, on peut constater qu’énormément de films sur la justice et le système pénal ont été réalisés», observe la directrice. Elle cite notamment Paradise Lost 3, le dernier volet d’une trilogie américaine sur trois adolescents accusés du meurtre de trois enfants, et «un long métrage belge assez troublant, À charge et à décharge, qui montre que ça peut être très difficile de déterminer la culpabilité d’un accusé.»

Une autre tendance : la forme hybride. «Cette année, on remarque que beaucoup de cinéastes flirtent avec la fiction, utilisent un procédé de mise en scène à l’inté­rieur d’un film documentaire, souligne Charlotte Selb. C’est le cas de The Future Is Now!, de Jim Brown et Gary Burns, ou encore de At the Edge of Russia, de Michal Marczak.»

Cependant, elle précise qu’il ne s’agit pas forcément d’un procédé nouveau : «Ç’a toujours été utilisé, mais c’est peut-être fait de façon plus réfléchie maintenant.» Mme Selb affirme que les RIDM sont fréquentés chaque année par des gens de tous âges et de tous styles «parce qu’il y a autant de genres différents dans le monde du documentaire que dans la fiction». Elle se réjouit par ailleurs du fait que le documentaire jouisse d’une popularité croissante, lui qui était jadis «étiqueté comme un style sérieux, intellectuel, élitiste et un peu ennuyeux». «Les gens se rendent de plus en plus compte que c’est un genre qui est l’fun!» s’exclame-t-elle.

À ceux qui n’auraient pas encore eu la piqûre, la directrice suggère le film L’empire du milieu du sud, coréalisé par le comédien Jacques Perrin et l’histo­rien Eric Deroo. «C’est un film sur l’histoire coloniale du Vietnam, fait à partir d’images d’archives inédites absolument sublimes qu’ils ont récoltées pendant une dizaine d’années dans le monde, explique-t-elle. La narration, assurée par Jacques Perrin, est faite de textes de l’époque : de la propagande, de la poésie, des journaux intimes, des textes de grands écrivains… Le travail de montage est formidable, et le résultat est émouvant. Ce film ne peut que ravir tout le monde!»

Rencontres internationales du documentaire de Montréal
Du 9 au 20 novembre

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