Culture

Un récit de survie

Il y a 4 ans, Angèle Lieby a passé 12 jours dans le coma… en étant consciente. Son témoignage, Une larme m’a sauvée, revient sur cette expérience. «J’aimerais que ce livre donne une voix aux patients qui n’en ont pas», dit-elle.

Le 13 juillet 2009, après un violent épisode de migraine, Angèle Lieby sombre dans le coma. Le 25 juillet de la même année, elle en sort. Durant tout ce temps, plongée dans le noir total, elle entend et ressent tout, mais ne peut pas bouger. Rien. Un mois après s’être éveillée, elle sait qu’elle souhaite écrire un livre sur son expérience.

Le syndrome qui l’a frappée est celui de Bickerstaff. Pendant 12 jours, personne ne se doutera qu’elle est enfermée dans son corps, consciente de tous les tests de douleur qu’on lui fait subir, de tous les traitements. Ayant trouvé l’expérience particulièrement intolérable, elle souhaite maintenant que son cas serve d’exemple. «Des fois, je me dis que, si je suis revenue, c’est pour raconter mon histoire», explique-t-elle lors de son passage à Montréal.

Celle qui habite près de Strasbourg regrette par exemple que, pensant la distraire lorsqu’elle était dans le coma, les infirmières aient fait tourner de la musique sans arrêt dans sa chambre. «Les chansons, au début, c’était bien, je les fredonnais dans ma tête et ça me rendait heureuse, mais après quelque temps, c’était très difficile. Il y avait du bruit tout le temps. Je ne savais plus si c’était le jour ou la nuit. Ça n’arrêtait jamais.»

Après son réveil, la patiente a mis du temps à se remettre et, surtout, à réapprendre tous ces automatismes, tous ces gestes qu’elle croyait innés. Une rééducation qu’elle explique dans la seconde partie de son récit, écrit en collaboration avec le journaliste Hervé de Chalendar. Un récit dans lequel elle raconte les pensées qui ont traversé son esprit pendant son hospitalisation, la douleur ressentie durant plusieurs tests et le retour à la vie, plus difficile qu’elle ne l’aurait cru.

Heureusement, rappelle-t-elle, tout au long de son épreuve, elle a pu compter sur le soutien de son mari, Ray, et de sa fille. C’est d’ailleurs elle qui a alerté le personnel médical lorsqu’elle a vu une larme se former au coin de l’œil de sa mère, que certains docteurs croyaient morte. D’où le titre, Une larme m’a sauvée. «Si ma fille n’avait pas été là pour parler en mon nom, je ne sais pas ce qui me serait arrivé…»

Une larme m’a sauvée
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