«J’ai l’impression de reprendre exactement là où j’ai quitté il y a six ans», a récemment confié Lise Dion à Métro. Cette impression, on l’avait aussi, mercredi soir au Théâtre St-Denis, où elle s’est montrée à l’aise comme un poisson dans l’eau – ou, du moins, comme une humoriste qui n’aurait jamais quitté la scène.
On le savait déjà, la grande force de Lise Dion, c’est son sens désarmant de l’autodérision, et elle en a abondamment usé dans ce spectacle. Après une rétrospective photographique de sa cinquantaine d’années de vie, Lise Dion est apparue sur scène avec la ferme intention de rattraper le «temps perdu» et de raconter à son public ce qui s’était passé de son côté pendant ces années. «J’ai perdu 5 livres!» a-t-elle affirmé avant de se lancer dans un long – et comique – monologue sur les bienfaits d’être ronde et bien dans sa peau – «toutoune power!» a-t-elle conclu – et sur la «chasse aux gros qui est à la mode, maintenant que les fumeurs ont été éliminés». «Sont à veille de mettre des photos de bourrelets sur les paquets de chips! Il va falloir aller acheter de la poutine dans les réserves indiennes!» dit-elle.
Aussi au programme de cette soirée de retrouvailles : sa brève rupture et la reconquête de son mari Marcel (incluant une danse poteau mémorable), des souvenirs d’accouchement (comiquement amers), la mort, le retour de sa fameuse femme afghane (incluant des touches bien placées de critique sociale) et de la «vieille en CHSLD». Et à travers tout ça, une Lise Dion authentique, qui ne recule devant rien et qui n’a pas déçu le public qui l’attendait de pied ferme.
Lise Dion
Au Théâtre St-Denis
Jusqu’à samedi
Supplémentaires les 9 et 10 décembre et 5-6-7 avril