Culture

Montréal-Nord à l’honneur au Salon du livre 

Métro a rencontré le directeur du Salon du livre, Olivier Gougeon, dans l'un des lieux qui propose des activités dans la programmation "Le Salon dans la ville", la librairie La Livrerie dans le quartier Centre-Sud.

Si les festivités du Salon du livre de Montréal au Palais des congrès commencent le 23 novembre, plusieurs activités sont offertes depuis vendredi dans différents arrondissements de la métropole et des environs. Parmi ceux-ci, Montréal-Nord est à l’honneur cette année. 

Lors de la première édition de ce volet, en 2019, le quartier invité était celui de Saint-Michel. Après une pause de trois ans à cause de la pandémie, le Salon revient cette année avec cette idée, portant cette fois-ci son dévolu sur Montréal-Nord. La priorité : l’accessibilité. 

«On est au centre-ville de Montréal; il y a des frais pour rentrer; on est quand même un Salon très francophone; on est à l’image du milieu du livre, historiquement plutôt blanc, énumère le directeur du Salon, Olivier Gougeon. Ce n’est pas toujours évident pour certaines populations montréalaises de se sentir interpellé par le Salon du livre de Montréal. Pourtant, les livres sont pour tout le monde.» 

En s’interrogeant donc sur cette notion d’accessibilité, le Salon a décidé de tendre la main à ces communautés et d’organiser des activités pour les accueillir. 

Les résident.e.s de Montréal-Nord auront donc droit cette année à un 2 pour 1 pour l’entrée au Palais des congrès. Un kiosque leur sera également dédié. 

«Tous les jours du Salon, il y aura des activités qui mettent en valeur le quartier, mais également ses auteurs et autrices, dont Guédeline Desrosiers», précise le directeur. 

Photo: Gracieuseté, Salon du livre de Montréal

Le Salon dans la ville 

Décentraliser les activités du Salon du livre pour permettre à toutes et à tous d’avoir accès à la lecture, c’est également l’objectif du volet du Salon dans la ville. Le concept a été lancé pendant la pandémie, mais avait été imaginé avant, explique Olivier Gougeon. 

«Si le déploiement s’est fait dans un contexte pandémique, c’est une idée qui a germé dès mon entrée en poste en 2018, raconte le directeur. Il y a un élément qui est important dans ma vision du Salon, c’est de multiplier les points de rencontre avec le livre et la lecture.» 

Ainsi, il n’y a plus que les lectrices et les lecteurs qui vont à la rencontre du Salon; le Salon va dorénavant à la rencontre du public dans leur quartier. Un total de 54 lieux présentera des événements du 11 au 22 novembre, à Montréal, mais également sur la Rive-Nord et la Rive-Sud. 

Considérant que c’est encore un projet-pilote, le directeur explique que le Salon dans la ville a également l’objectif d’être plus représentatif de la diversité de la métropole. 

La diversité montréalaise, c’est sa population, mais c’est aussi ses quartiers. 

Olivier Gougeon, directeur du Salon du livre de Montréal

Des personnalités se racontent 

Si les têtes d’affiche habituelles sont présentes au Salon du livre de Montréal, tel que Patrick Senécal, Christine Brouillette ou Dany Laferrière, des artistes et des personnalités connues qui ont choisi la plume pour se raconter font également partie de la programmation. 

Ainsi, Boucar Diouf, Bruno Pelletier, Cœur de Pirate, Daniel Bélanger, Farah Alibay, Mariana Mazza et Martha Wainwright seront présents pour partager leur vécu avec les visiteur.trice.s. 

Si la tendance n’est pas nouvelle, y a-t-il de plus en plus de livres biographiques sur le marché québécois et est-ce un moyen pour les éditeurs d’augmenter leurs ventes en mettant une personnalité connue sur la couverture d’un livre? 

«Il y a les éditeurs qui vont chercher des personnalités connues pour qu’elles puissent se livrer à travers un ouvrage, mais il y a aussi ces personnalités qui vivent toutes sortes de choses dans un monde effréné où finalement, elles n’ont pas vraiment le temps de s’exprimer», croit Olivier Gougeon. 

Pour lui, c’est une manière différente et plus posée pour ces vedettes de prendre la parole. 

«Entre Facebook, Twitter, TikTok et autres, qu’est-ce qu’on peut exprimer vraiment? Même une entrevue dans une radio, dans un journal ou à la télé qui dure cinq minutes où il faut faire trois galipettes pour être drôles, sinon ce n’est pas bon pour les cotes d’écoute, est-ce qu’elles ont vraiment le temps d’aborder un sujet qui leur est cher?» 

Olivier Gougeon reconnaît que certaines personnalités se sont fait connaître grâce aux réseaux sociaux. C’est le cas de l’ingénieure en aérospatiale québécoise Farah Alibay, cependant une partie du public souhaite connaître davantage son parcours, ce que permet son livre Mon année martienne

«C’est un peu ça que fait la littérature, elle permet d’arrêter le temps, voire de pénétrer un nouvel espace-temps pour aller à la rencontre d’un autre univers», conclut Olivier Gougeon. 

Pour connaître la programmation complète du Salon dans la ville : https://bit.ly/3A84NHB 

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