Culture

Feist ne regarde pas en arrière

Avant d’entonner My Moon My Man samedi au Métropolis, Feist a lancé un
curieux avertissement aux spectateurs : «Sortez vos machines à voyager
dans le temps!»

Force est d’admettre qu’il s’agit d’une drôle d’introduction pour une
chanson datant de 2007. Ressortir un tube enregistré il y a quatre ans,
ce n’est pas ce qu’on peut qualifier de gros retour en arrière!

Lancé en milieu de con­cert, cet appel à tous en disait long sur l’état
d’esprit de la chanteuse: c’est ici et maintenant que ça se passe.
Oublions les succès du passé et concentrons-nous sur le présent. Et le
présent de Feist se résume en un mot par les temps qui courent : Metals.
Sorti le 4 octobre, l’opus en a surpris plus d’un par ses mélodies
intimes et mélancoliques, à des kilomètres de 1234 (qu’elle n’a pas
jouée d’ailleurs), cette ritournelle pop hyper rassembleuse qui s’était
incrustée dans la tête de millions de téléspectateurs après avoir joué
dans une pub d’Apple. La Canadienne a interprété 11 des 12 titres de ce
nouveau disque. Seul Bittersweet Melodies n’a pas eu droit à ses 5
minutes de gloire (ou 3:56 pour être plus précis).

C’est avec Undiscovered First qu’elle a entamé le concert. Une ouverture
en crescendo à laquelle se sont tour à tour ajoutés la guitare, la
batterie, le clavier, la basse et le trombone. Ont suivi les récentes
How Come You Never Go There, A Commotion (endiablée) et Graveyard
(poignante).

«Bonsoir Québec! Bonsoir Montréal! Comment ça va?», s’est exclamée la Parisienne d’adoption dans un français impeccable.

Il a fallu attendre une bonne vingtaine de minutes avant d’entendre un
«vieux» tube de la musicienne. Tiré de l’album, Let it Die (2004),
Mushaboom a reçu un accueil enthousiaste d’un public rassuré d’entendre
enfin un de ses titres chouchous. La jolie brunette a enchaîné avec So
Sorry, I Feel it All et Sealion, qu’elle a entrecoupés de plusieurs
extraits de Metals, dont Anti-Pioneer, The Bad in Each Other et Caught a
Long Wind.

À défaut de galvaniser la salle, les ballades de Metals ont confirmé
l’immense talent vocal de Feist, dont les envolées paraissaient plus
vivantes que jamais. Car c’est en spectacle que la voix de la chanteuse
prend véritablement son envol. Une voix qui demeure d’une grande
justesse tout en donnant l’impression d’être constamment sur le point de
casser dans les aigus.

Au rappel, Feist a sorti sa guitare électrique sur When I Was a Young
Girl, avant de ralentir le tempo avec une version a capella de Cicadas
and Gulls. Elle a mis un terme à la soirée seule sur scène avec
Intuition.

Un mot sur les chanteuses du trio américain Mountain Man, qui ont joué
les choristes durant les deux heures du concert. Sous le feu des
projecteurs à gauche de la scène, elles attiraient les regards en raison
de leurs tenues singulières (de longues robes d’inspiration hippie et
médiévale), de leurs mouvements parfaitement synchronisés et de leurs
douces harmonies vocales. 

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