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Culture

Dorothée Berryman prend le temps de chanter l'amour

Jessica Émond-Ferrat - Métro

«Le doux présent qui nous enlace», chante Dorothée Berryman dans la chanson Ni trop tôt, ni trop tard, à l’origine écrite pour Jeanne Moreau par Cyrius Bassiak. Cette phrase, dit la comédienne et chanteuse, représente à merveille l’esprit de son troisième album, qu’elle lançait hier, juste à temps pour la Saint-Valentin.

«Ma grande préoccupation sur le disque, c’est ce fil conducteur du temps, explique Dorothée Berryman. On n’en profite pas assez, de ce doux présent qui nous enlace. Je voulais chanter la vie qui va trop vite, qu’on essaie de rattraper, alors qu’en même temps, on s’ennuie et on tue le temps. C’est paradoxal. C’est de tout ça que j’ai voulu parler.»

L’album éponyme, arrangé et réalisé par Vincent Rehel et Martin Roy, parle donc de tout ça, mais aussi d’amour, bien sûr. En effet, nous dit l’artiste, les plaisirs de la chair ne sont-ils pas la meilleure représentation de ce «doux présent qui nous enlace»? Parmi les pièces qu’elle a su immédiatement qu’elle inclurait dans l’opus, on retrouve notamment la grivoise Les nuits d’une demoiselle, de Colette Renard. «C’est une chanson que je fais en concert depuis neuf ans, et je m’amuse avec ça follement, avoue en riant la chanteuse. Ça commence et ça n’a l’air de rien. Et là, quand je commence à chanter : « Je me fais sucer la friandise… », la réaction de surprise des gens vaut un million! Quand vient le temps de parler de sexualité, je crois qu’on est peut-être davantage habitués à quelque chose de plus direct. Ici, il y a un côté humoristique très fin.»

Encore une fois, Dorothée Berryman a choisi de reprendre des titres en anglais comme en français. «J’ai été élevée dans les deux langues, je parlais à mon père en anglais et à ma mère en français, rappelle-t-elle. J’ai toujours eu une grande gratitude de pouvoir lire Shakespeare et Molière dans leur langue respective.»

En plus des chansons françaises et des standards de jazz des années 1930-40 (Blue Moon, As Time Goes By), l’interprète s’est aussi permis une reprise d’une pièce de Portishead (Sour Times). «Je n’avais pas pensé à Portishead tout de suite, même si c’est un groupe que j’aime depuis longtemps. Le fait qu’ils étaient à Montréal pendant que je travaillais à l’album m’en a donné l’idée.»

Dorothée Berryman, qui a hâte de retrouver les planches en tant qu’actrice, reconnaît une certaine parenté entre ce métier et celui de chanteuse. «Dans les deux cas, il s’agit de communiquer un texte, une émotion, et d’être le plus effacé possible comme interprète, dit-elle. Il faut laisser la chanson ou le personnage vivre à travers soi, et toujours être au service de l’auteur.»

Dorothée Berryman
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