Dix ans après le deuxième volet de La vérité si je mens, l’équipe originale remet ça pour une troisième fois. Métro s’est entretenu avec le réalisateur de ce qui est désormais une trilogie, Thomas Gilou.
C’était il y a 16 ans. La vérité si je mens, petit film français mettant en vedette Richard Anconina dans la peau d’un homme qui se fait passer pour un Juif après avoir décroché un emploi dans la communauté juive. Une comédie aux répliques mémorables qui est rapidement devenue un véritable film-culte, à la grande surprise de l’équipe : «On ne s’attendait pas du tout, à cet immense succès, avoue Thomas Gilou, le réalisateur. Ce n’était donc pas prémédité que ça devienne une trilogie. Quand on a tourné le deuxième (sorti en 2001), évidemment, les gens nous attendaient déjà plus. Mais l’idée de faire le troisième, de repartir dans cette aventure une dizaine d’années plus tard, c’était une gageure.»
Quand, après plusieurs tentatives, Gérard Bitton et Michel Munz ont fini par pondre un troisième scénario, toute l’équipe, incluant Thomas Gilou, n’a pas hésité à relever le défi du troisième film – on l’a souvent vu dans le monde du cinéma, elles ne sont pas rares, les suites qui déçoivent les fans de la première heure. «Le défi principal a été de trouver des dates qui convenaient à tous, puisque les acteurs du film sont désormais connus et très occupés», fait remarquer Thomas Gilou. Avec près de cinq millions d’entrées en France, on peut dire que le film a réussi à rallier le public. Mais qu’est-ce qui fait qu’une suite fonctionne? Le cinéaste nous donne son avis sur la question.
Des personnages fidèles à eux-mêmes…
«Il fallait qu’on retrouve les personnages qu’on connaît, qu’ils aient évolué mais pas trop, qu’ils soient toujours les mêmes, et qu’ils vivent une aventure qui s’apparente à celles qu’ils ont déjà vécues avant, énumère Thomas Gilou. Quand tous ces éléments-là ont été réunis, on s’est dit que oui, il y avait un film à faire.»
… et des acteurs qui les connaissent bien
José Garcia, Richard Anconina, Gilbert Melki et même Vincent Elbaz – qui reprend son rôle de Dov, tenu dans le second volet par Gad Elmaleh – : ils sont tous de retour pour le troisième chapitre de La vérité si je mens dans des rôles qui leur sont associés depuis plus de 15 ans. Ce qui a ses avantages et ses inconvénients, croit le réalisateur. «Les acteurs ont vécu avec ces personnages depuis 1997, quand même. Ils ont évolué en tant qu’individus et en tant que comédiens… mais les personnages n’ont pas changé, eux. Il faut les prendre pour ce qu’ils sont, avec humilité. Il y a donc eu un petit réglage à faire au départ… et puis une fois que ç’a été parti, ils se sont remis dans la peau des personnages, qu’ils connaissaient carrément mieux que moi. Je n’ai donc eu aucun problème sur le plan de la mise en scène.»
Une histoire ancrée dans l’actualité…
«Cette fois-ci, c’est la mondialisation, explique Thomas Gilou. La bande a déménagé à Aubervilliers, en banlieue parisienne, et se retrouve face aux Chinois… et ça, c’est une réalité. J’ai tourné dans des vrais lieux, dans les vrais entrepôts des gens du Sentier qui se sont installés là-bas.»
… mais qui ne décevra pas les attentes du spectateur
«L’histoire doit avoir un peu toutes les caractéristiques de La Vérité si je mens : une histoire principale avec une arnaque, une contre-arnaque, avec des histoires qui sont autour, les histoires quotidiennes des personnages qui doivent se mélanger à l’histoire principale et intervenir parfois sur ce plan, dit le cinéaste. Il fallait aussi des gags, des dialogues savoureux. C’est la base!»
Et au final, pourquoi ça marche encore?
«La vérité si je mens est relié à une génération d’acteurs à laquelle les gens se sont attachés. Il parle des problèmes liés au travail, il y a une forme de réalisme mêlé à une forme d’humour. Les gens peuvent s’identifier à eux. On fait toujours l’effort de faire un film destiné au public.»
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La vérité si je mens 3
En salle dès vendredi
