Cinq après son précédent album, le Français Vincent Delerm revient à ses amours et propose Les amants parallèles comme d’autres vous inviteraient au cinéma. Le sujet? L’amour, of course.
Oui, l’ancien étudiant en cinéma qui a consacré son mémoire de maîtrise à Truffaut observe le couple, mais pas de l’angle des amours écartelés qui hurlent à la lune ou qui pleurent les déchirements. Non, fidèle à son habitude, Delerm, qu’on avait surtout connu grâce à son tube Fanny Ardant et moi, pose son objectif sur la quotidienneté et les détails qui en font la beauté. Chose que certains confondent avec la banalité. «Les deux ou trois premières chansons que j’ai écrites pour cet album tournaient autour de cette problématique-là. Or, lorsqu’on fait un disque de variétés, la plupart du temps, on essaie d’offrir des chansons très différentes les unes des autres. Finalement, je me suis dit : puisque c’est parti comme ça, allons y vraiment et développons l’histoire», explique le chanteur qui, évidemment, s’est beaucoup inspiré de sa propre vie de couple. «Il y a une allusion très centrale au moment où les enfants arrivent, sans toutefois que soit détaillée la vie de ces derniers. L’objectif est vraiment braqué sur les deux adultes et sur ce que cela modifie entre eux […]. C’est un thème qui m’interpelle depuis longtemps. Aussi, j’aime bien la chanson sur les débuts, car on chante souvent les ruptures amoureuses, mais rarement les genèses», poursuit Delerm qui ne savait pas, semble-t-il, que Benjamin Biolay a aussi fait un album conceptuel sur le couple, La Superbe.
Et pour créer la toile sonore de cette histoire déclinée en treize chapitres qui sont autant de moments amoureux, le chanteur, qui adopte le ton de la confidence sur ce disque, a mis tous les instruments dans le placard pour ne conserver que le piano. Sur les cordes de cet instrument de prédilection, on a ajouté des objets pour altérer les sonorités et faire ce qu’on appelle un « piano préparé» à la façon de John Cage. «L’idée est venue des deux garçons (NDLR : Clément Ducol et Maxime Le Guil) qui ont réalisé l’album. Ils m’ont contacté et m’ont proposé cela. Une démarche pour le moins rarissime, car en général, on choisit nous-mêmes avec qui on veut travailler. Sur le moment, j’avais un peu peur du côté conceptuel, mais très tôt ils m’ont fait écouter des choses qui étaient à la fois très simples et très chanson. J’ai trouvé que ce ton appuyait à merveille le propos de cette histoire qui se décline sur tout l’album», ajoute le volubile fils de Philippe Delerm (le savoureux La première gorgée de bière), qui espère venir nous voir incessamanent.
Les cadeaux de Noël de Vincent
Vincent Delerm suggère trois produits culturels à mettre sous le sapin.
- Le livre à offrir?. «Des vieux trucs de Marguerite Duras. Je suis très classique, mais c’est super. Dix heures et demie du soir en été, tiens. Juste pour le titre, ça vaut le coup.»
- Le film en cadeau? «Un moyen métrage indépendant américain que j’ai beaucoup aimé, The Color Wheel (2011). Un road movie sous forme de comédie.»
- Le disque à donner? «J’ai beaucoup aimé l’album Un homme d’Albin de la Simone, qui est aussi un compagnon de label maintenant. Il va parfois chez vous. Il me parle souvent du Québec, d’ailleurs, et de ce qu’il vit là-bas.»
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