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Un peu d’amour pour Montréal-Nord

Depuis 2009, Montréal-Nord a consacré 4,5 M$ au modeste quartier nord-est pour réaménager ses parcs, ses terrains de jeux et ses places publiques. Des investissements qui transforment bien plus que le décor urbain.

Il y avait déjà un certain temps que je n’avais pas mis les pieds à Montréal-Nord. Les dernières fois, c’était davantage pour profiter du magnifique parc linéaire longeant la Rivière-des-Prairies que pour visiter ses quartiers. Mais j’ai vaguement l’impression que je serai appelé à m’y rendre plus souvent ces prochains mois en consultant la liste des projets de l’arrondissement, à commencer par le secteur à l’est du Cégep Marie-Victorin.

Les élus se sont engagés la semaine dernière à y investir 1 M$ de plus d’ici la fin de l’année pour revitaliser deux espaces commerciaux, la Place Pascal et Del Sol. Cette somme servira à redessiner complètement les rues pour y élargir les trottoirs, remplacer le mobilier urbain désuet (bancs, lampadaires et poubelles) et y ajouter un peu de verdure. Un lifting urbain qui sera coordonné non seulement par la Ville, mais également par de nombreux citoyens. Des artistes préparent actuellement une mosaïque permanente qui sera peinte sur la rue, des escouades de jeunes se mobilisent pour assurer la propreté du domaine public et des propriétaires de commerces réduiront même leurs espaces de stationnement. Bref, un bel exemple de coopération entre le public, le privé et le communautaire.

Mais la beauté dans toute cette histoire, c’est que ce projet ne représente qu’une infime partie de tous les changements amorcés depuis cinq ans pour redéfinir l’image d’un des quartiers les plus densément peuplés de l’île. Ce secteur de Montréal-Nord s’est largement développé dans les années 1960 et 1970 en accueillant des centaines de familles expropriées du défunt Faubourg à m’lasse, près du pont Jacques-Cartier, pour la construction de l’autoroute Ville-Marie. Les développements résidentiels se sont donc mis à pousser comme des petits champignons, sans réelle planification urbaine. Résultat : un endroit peu adapté aux familles, avec très peu de places publiques et d’espaces verts pour socialiser.

L’arrondissement de Montréal-Nord tente de corriger les erreurs du passé, et on le constate rapidement en déambulant dans les rues. Que ce soit par les nombreuses scies mécaniques des ouvriers qui s’attaquent aux logements crades. Par les modules de jeux pour enfants qui reluisent dorénavant au soleil. Par de charmants espaces d’agriculture urbaine qui n’attendent qu’à être cultivés.


Nouvel aménagement de 57 jardinets communautaire dans le parc Tardif / Marc-André Carignan

Un résidant croisé sur mon chemin me confiait d’ailleurs à quel point il était le premier surpris par le nouveau visage qu’aura ce quartier qu’il habite depuis 30 ans. Il ne tarissait plus d’éloges envers les élus qui, selon lui, ont réussi à y accroître significativement le sentiment de sécurité et de fierté collective. Est-ce une opinion généralisée? Chose certaine, contrairement à d’autres arrondissements, je n’y ai pratiquement pas vu de graffitis, de déchets sur la rue ou toute autre trace de méfait public. Des signes qui ne mentent pas quand un quartier se reprend en main.

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