L’après-midi s’annonçait intéressant : le client dans mon bureau me demandait de l’aider à accepter les conséquences de son infidélité, alors que celui qui patientait dans la salle d’attente venait de découvrir que sa femme le trompait.
Dans l’exercice de mes fonctions, j’ai souvent rencontré des gens qui avaient eu des aventures ou qui se trouvaient bouleversés par l’infidélité de leur partenaire. Bien qu’il existe plusieurs raisons qui poussent à l’infidélité, l’équation est toute simple : plus forte est l’attirance pour quelqu’un d’autre et plus les facteurs qui nous inhibent sont faibles, plus il y a de risques qu’une infidélité se produise.
Étape no 1 : l’attirance («Vas-y!»)
La première étape reliée à l’infidélité est très facile à comprendre. Il s’agit d’une question purement chimique. Deux individus compatibles, qui s’entendent bien, et surtout qui rigolent ensemble et partagent les mêmes intérêts, peuvent aisément ressentir une attirance sexuelle l’un pour l’autre.
Lorsqu’il se produit de fréquentes interactions entre eux, par exemple au travail ou au sein d’une association, ce phénomène a encore plus de chances de se produire. C’est pourquoi des idylles se nouent si régulièrement au travail, et ce, malgré la désapprobation qu’elles peuvent susciter.
Étape no 2 : l’inhibition («N’y va pas!»)
En dépit de la facilité avec laquelle certaines attirances se développent, très peu d’individus vont se laisser aller lorsqu’ils sont déjà engagés dans une autre relation. Pour certains, il s’agit d’une question de valeurs morales. Ils ne vont tout simplement jamais considérer l’infidélité comme une option, peu importe le degré d’attirance envers quelqu’un d’autre.
Pour d’autres, c’est la peur de se faire démasquer qui inhibe le désir. Lorsqu’il s’agit de la seule raison, ceux qui parviennent à se convaincre qu’ils ne se feront pas attraper peuvent se risquer à avoir une aventure. Bien entendu, la plupart des gens ne pensent pas qu’ils se feront démasquer. Cependant, tout comme les automobilistes mordus de vitesse, ils se font parfois prendre lorsqu’ils s’y attendent le moins.
D’autres ont moins d’inhibitions parce qu’ils sont incapables de prendre pleinement la mesure de l’effet qu’aura leur infidélité sur leur partenaire actuel. S’ils ne pensent pas que l’infidélité aura des conséquences graves ou encore s’ils ne peuvent ressentir d’empathie, ils seront encore plus susceptibles de donner suite à une attirance.
Enfin, il y a ceux qui vivent une relation ou un mariage complètement insatisfaisant. Malgré les mauvais côtés de la situation, la seule pensée de se retrouver seules ou d’affronter une séparation, avec tout ce que cela implique, emprisonne plusieurs personnes dans des relations malheureuses.
Dans de tels cas, l’attirance envers une autre personne avec qui nous nous entendons bien peut remplir un vide, et nous pouvons aisément passer par-dessus les facteurs qui autrement nous inhiberaient.