Je contemple mon comptoir de cuisine, car j’ai devant moi un délicieux gâteau bananes-chocolat. Je pourrais facilement le manger au complet. C’est certain que cela me procurerait du plaisir.
Mais je suis également très fier d’avoir réussi à perdre quelques kilos dernièrement. Cela aussi me plaît. Malheureusement, l’envie de satisfaire ces deux plaisirs crée un combat en moi au moment où j’écris ces lignes.
Court et long terme
Telle est la réalité de tant de plaisirs dans la vie. Ils agissent sur différentes régions de notre cerveau et opposent souvent un besoin à un autre. Certains de ces besoins sont immédiats et dépendent d’une situation particulière, par exemple d’une fringale ou d’une attirance sexuelle. Ces besoins sont régis par les régions primaires de notre cerveau.
D’autres besoins sont plutôt dictés par des parties de notre cerveau axées sur l’analyse et reflétant des objectifs à long terme, comme le maintien de bonnes habitudes alimentaires et la pratique d’exercice physique, les objectifs de carrière, les relations humaines, etc. Ces besoins demeurent habituellement stables.
Mauvaises habitudes et mauvaises postures
La liste de situations où ces deux types de besoins sont en conflit est longue : le toxicomane conscient qu’il risque sa carrière; le diabétique qui succombe à une pâtisserie; le joueur assis à une table de poker et qui n’a pas payé son loyer; la femme malheureuse en amour, mais qui ne veut pas faire de peine à son conjoint; l’homme coincé dans un emploi sans avenir, mais qui a peur du changement.
Je suis certain que vous pourriez ajouter des exemples personnels à cette liste. Nous sommes devons tous faire des choix. Des choix qui offrent une satisfaction rapide ou qui sont plus faciles dans l’immédiat, et d’autres choix qui nous rendront heureux plus tard ou qui amélioreront notre vie à long terme.
Écoutez votre cerveau
En pop-psycho, on entend souvent le conseil : «Écoutez vos émotions.» Ce n’est peut-être pas toujours la meilleure chose à faire. En réalité, vos émotions donnent la priorité aux objectifs les plus immédiats au détriment des objectifs à long terme. C’est pourquoi nous nous retrouvons si souvent dans des situations problématiques.
Lorsque nous nous sentons plus émotifs, nous posons habituellement des gestes en réaction à cet état, comme opter pour le statu quo ou manger le gâteau aux bananes! Le meilleur conseil serait d’ignorer nos émotions et de faire ce que nous savons être le choix logique… à long terme.
Vagues d’émotions
Le fait de savoir que nous sommes contrôlés par deux forces opposées ne réglera pas toutes nos mauvaises habitudes et n’éliminera pas les situations nuisibles. Mais il pourrait être utile de savoir que nos émotions agissent comme des vagues fouettant un rivage. Si nous leur résistons pendant un moment, elles finissent par se dissiper. Avec comme résultat qu’il se produit un meilleur équilibre entre les émotions et les pensées rationnelles, donc une plus grande résistance contre les mauvais choix.
Ou alors, vous pouvez attendre que quelqu’un d’autre termine le gâteau!