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Rue de Marseille: vague d’opposition à une nouvelle piste cyclable

La rue de Marseille deviendra sens unique pour y implanter des voies cyclables bidirectionnelles.

La rue de Marseille est devenue un sens unique pour permettre l'implantation de voies cyclables bidirectionnelles.

Plus de 1300 commerçants et résidents ont signé une pétition qui demande à l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve de démanteler une nouvelle piste cyclable qui a pris forme dans les derniers mois sur la rue de Marseille, a appris Métro.

La leader de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Karine Boivin Roy, a déposé cette pétition lundi matin, en séance du conseil municipal. Le document de 93 pages, dont Métro a obtenu copie, comporte 1334 signatures à la main de citoyens et de commerçants.

«C’est sûr que je trouve ça majeur. Il faut analyser la pétition. Il faut voir qui sont les signataires, mais pour être allée sur le terrain, j’en comprends que tous les commerçants de la rue de Marseille ont signé la pétition, de même que de nombreux propriétaires et locataires», indique Mme Boivin Roy, en entrevue à Métro mardi.

Les signataires s’opposent au réaménagement de la rue de Marseille, qui a eu lieu cet automne. Ces travaux ont notamment entraîné la mise en place d’un lien cyclable est-ouest de près de trois kilomètres afin de connecter les trois quartiers de l’arrondissement.

Ce qui dérange surtout les signataires, c’est le retrait d’environ 250 places de stationnement sur cette rue, dans le cadre de son réaménagement.

«Tous les commerçants sont pénalisés par les changements effectués sur la rue Marseille. Les clients se plaignent, car ils ne peuvent se stationner près du commerce et la majorité des rues avoisinantes exigent une vignette de stationnement pour résidents», souligne la pétition. Les signataires du document, destiné au maire d’arrondissement Pierre Lessard-Blais et à Mme Boivin Roy, réclament donc le «démantèlement» de cette piste cyclable et le retour des places de stationnement retirées.

Les commerces écopent

La pétition affirme d’ailleurs que depuis ce réaménagement, qui a aussi entraîné la création d’un sens unique sur la rue, les commerces de chaque côté de cette rue ont vu leur achalandage diminuer.

«Les clients qui vont à la quincaillerie doivent marcher plusieurs rues avec leurs matériaux, gallons de peinture et autres pour retourner à leur voiture stationnée loin du commerce, car les places de stationnement ont été abolies», peut-on également lire.

Même si ce réaménagement est déjà complété, Karine Boivin Roy estime qu’il n’est pas trop tard pour tenir compte des préoccupations des citoyens et revoir certains aménagements pour répondre à leurs préoccupations.

«Il y a une démarche à faire pour aller à la rencontre des commerçants et des propriétaires résidentiels du secteur pour voir quelles modifications on pourrait apporter pour bonifier le projet», estime la conseillère du district de Louis-Riel.

«Les commerces ont déjà subi une énorme baisse d’achalandage à cause de la pandémie et maintenant, le manque de places de stationnement cause un autre préjudice très important, ce qui causera à court terme des fermetures de commerces.» -Extrait de la pétition

Le maire d’arrondissement défend son projet

Bombardé de questions de citoyens et de commerçants opposés à cette piste cyclable, Pierre Lessard-Blais a défendu ce nouvel aménagement lundi soir. Il a rappelé que celui-ci est dans les cartons de l’arrondissement depuis 2008. Les citoyens du secteur ont d’ailleurs pu se prononcer sur ce projet dans les dernières années, a-t-il rappelé.

«On n’en avait pas dans le quartier [d’axe cyclable est-ouest]. On en avait besoin pour stimuler l’utilisation du vélo et favoriser ce mode de transport de la façon la plus sécuritaire possible», a affirmé l’élu de Projet Montréal.

Quant aux impacts économiques de cette nouvelle piste cyclable sur les commerçants, le maire d’arrondissement estime que ceux-ci seront positifs. Il a d’ailleurs souligné que deux projets résidentiels sont en construction «à moins de deux coins de rue» de la section commerciale de la rue de Marseille, ce qui devrait attirer de nouveaux clients dans les commerce du coin.

«Je crois qu’il y a énormément de potentiel commercial sur la rue de Marseille», a renchéri l’élu. «Mais on est conscients que ça soulève des enjeux de stationnement», a-t-il convenu.

En fin d’après-midi, mardi, le conseil municipal a d’ailleurs adopté un remboursement d’environ 53 000$ à l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour ce réaménagement. Ensemble Montréal a voté contre ce point, de même que le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand, entre autres.

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