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Élèves doués: de l’histoire aux jeux vidéo

Zakaria Haddadou, Dieu-Donné Katumbayi et Stephen Rioux ont aidé près d'une trentaine d'élèves, dont Xucheng Zhao, à concevoir un jeu vidéo.

En se basant sur les vagues migratoires du XVIII au XXe siècle, les élèves de 15 écoles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) ont créé un jeu vidéo. Ils ont notamment été encadrés par trois de leurs aînés de l’école secondaire Saint-Laurent lors de ce projet qui s’est tenu au Centre de formation professionnelle (CFP) Léonard-De Vinci.

L’initiative, intitulé Univers Enjeu, a été pensée sur mesure pour les élèves doués du 3e cycle du primaire. Près d’une trentaine de jeunes passionnés d’histoire et de technologie ont été sélectionnés, par l’entremise d’une lettre d’intérêt et une vidéo, pour y participer.

Les besoins des élèves doués se trouvent surtout du côté de la motivation, selon la coordonnatrice du projet, la conseillère pédagogique à la CSMB, Christine Touzin.

«J’ai pu découvrir de nouvelles choses, travailler en équipe et trouver des idées ensemble, souligne Xucheng Zhao, de l’école primaire Sainte-Geneviève-Ouest. C’était bien d’avoir accès à plusieurs organisateurs, mais j’aurais aimé avoir plus de temps.»

Pour les élèves, Univers Enjeu a débuté par une visite au musée Armand-Frappier, le centre d’interprétation des biosciences à Laval, le 1er février. Il s’est conclu le 1er avril avec la présentation de leurs jeux vidéo.

Xucheng et son camarade, Tristan Gachet, ont construit un jeu autour de l’immigration des loyalistes après l’indépendance des 13 colonies. De la maison où débute l’aventure aux objets à trouver en passant par l’introduction historique, les 6e année ont programmé le jeu sur le logiciel Construct.

Avec les 27 autres jeunes, ils ont bénéficié de trois jours de formations, conférences et pratiques au CFP Léonard-De Vinci ainsi que de deux autres jours de réalisation pendant la semaine de relâche.

La douance, aussi appelée haut potentiel, correspond à des domaines d’habiletés naturelles innées, qui peuvent être mentales et physiques, selon un document préparé par le Département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières et la CSMB. Il peut s’agir d’intelligence, mais aussi de créativité et de perception par exemple.

«Nous avons d’énormes besoins en douance, indique Christine Touzin. Les élèves ont besoin d’enrichissement et de reconnaissance. Il faut un statut.»

Tous les élèves doués ne sont pas des «premiers de classe». Ils n’ont pas toujours l’occasion de montrer leur potentiel en raison de problèmes personnels ou parce qu’ils trouvent les activités proposées ennuyantes.

«Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est sensible à ce sujet comme à celui des enfants en difficulté, commente le conseiller politique au cabinet du ministre, Marc Hétu. C’est un dossier excessivement important et on a un échéancier assez serré pour mettre ces enfants dans des classes qui vont leur permettre de s’épanouir encore plus.»

Sans avoir d’exemples de solutions à mettre en place, M. Hétu assure que le ministre est un homme de terrain qui aime consulter pour prendre les bonnes décisions.

Échange
Afin de concrétiser le projet, les participants ont été aidés d’un étudiant du Projet SEUR (Sensibilisation aux Études, à l’Université et à la Recherche) de l’Université de Montréal, d’un spécialiste de jeu vidéo ainsi que de trois élèves de secondaire 5 en concomitance au diplôme d’études professionnelles (DEP) d’informatique du CFP. Zakaria Haddadou, Dieu-Donné Katumbayi et Stephen Rioux sont ainsi passés du rôle d’élève à celui d’enseignant.

«Ce qui est spécial de travailler avec des enfants doués est qu’ils comprennent tout de suite les consignes», indique Zakaria. Stephen renchérit sur les résultats, qu’il juge impressionnants.

Le trio est également derrière un jeu vidéo pas moins impressionnant, SUO, qui a gagné trois prix avec Fusion Jeunesse en 2017-2018. La plateforme de type pixel art, où il faut collecter des objets pour compléter des quêtes ou déverrouiller des chemins, a aussi été publiée et commercialisée.

Les résultats d’Univers Enjeu sont également tangibles dans les écoles primaires. «Les enseignants nous rapportent que cela paraît sur la motivation des enfants doués», conclut Mme Touzin.

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