On dit qu’il est tombé plus de 55 mm de pluie en une demi-heure, mardi dernier sur le centre-ville et le Sud-Ouest de Montréal incluant Verdun, qui n’a pas été épargné par le refoulement presque instantané des égouts dans les cuves des toilettes, renvois de bain ou de lavabo.
Au fil des années, les résidents de Verdun ont oublié l’époque où les inondations étaient fréquentes en raison des crues printanières du fleuve dans la partie la plus basse de la ville. Heureusement, la construction d’une digue en bordure du fleuve a réduit les débordements printaniers du Saint-Laurent sans empêcher toutefois, le refoulement des égouts. Parlons-en des égouts, dont la vétusté fut pendant longtemps, la principale cause du refoulement associé à l’absence de réseaux distincts d’égouts pluviaux et sanitaires. En doublant le réseau avec des égouts bien distincts (caniveaux au bord du trottoir pour les eaux de pluie) et sanitaires dans les maisons, on réduisait les risques de refoulement. D’autres travaux aussi coûteux ont été entrepris pour doter Verdun de bassins de rétention souterrains comme ceux du parc Joannette rue Hickson et du parc Willibrord (plus de 3M$) sous la patinoire Bleu Blanc Bouge. Ces bassins devaient contenir le flot d’eau et l’emmagasiner avant de l’évacuer. Les bassins sont de vastes piscines souterraines où le surplus d’eau s’accumule avant d’être évacué. Malgré les sommes considérables investis dans ces bassins de rétention, l’apport d’eau a dépassé les prévisions et rien ni aucun système n’aurait pu éviter ce désastre de l’avis des responsables municipaux consultés. Le maire de Montréal Gérald Tremblay a d’ailleurs affirmé en conférence de presse mercredi matin que même avec les meilleurs systèmes d’évacuation, on n’aurait pas prévenu les dommages. De telles pluies diluviennes semblent revenir une fois tous les 80 ans selon les probabilités, bassins de rétention ou pas.
Les dommages sont importants
Parmi les victimes des pluies torrentielles de mardi, 16 écoles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, dont plusieurs dans Verdun; dans certains cas, plusieurs centimètres d’eau se sont accumulés dans les sous-sols. Tous les établissements ont accueilli leurs élèves malgré tout mercredi, sauf le Collège d’informatique et d’administration Verdun-LaSalle de la rue Moffat, dont les cours d’informatique sont suspendus en raison de l’accumulation d’eau dans la salle des ordinateurs. Les responsables de la CSMB doivent se réunir pour faire le point et déterminer si des travaux majeurs devront être entrepris à la suite des dégâts d’eau.
D’autres institutions comme la Clinique Physergo de la rue de Verdun et l’épicerie Métro-Bellemare de la rue de l’Église ont aussi subi des dommages. Réjean Douville directeur de Physergo a parlé de dégâts importants, plus de 25 000$ au sous-sol de sa clinique. Les rues Lanouette, Hickson et Cool ont été parmi les rues les plus touchées par l’inondation. Les pompiers ont été appelés à plusieurs endroits pour pomper l’eau. Les responsables municipaux ont incité les sinistrés à contacter le plus rapidement possible, leur assureur afin d’évaluer les dommages avant d’entreprendre un ménage.
Un clapet s.v.p.!
À l’époque où Claude Ravary plombier de son métier, était conseiller municipal à Verdun, le conseil exhortait régulièrement les propriétaires à installer un clapet sur leur tuyau d’égout. Ce clapet peut stopper net le retour des eaux usées dans les équipements sanitaires de leur domicile en cas de saturation du réseau public. Hélas, on oublie trop facilement cette recommandation, sauf qu’on nous dit que le surplus d’eau provenant des rues inondées aurait quand même envahi les sous-sols.