Lachine

Isolement dommageable pour la communauté LGBTQ+

Un membre de la communauté LGBTQ+ sur 10 affirme souffrir d’isolement social.

Les membres de la communauté LGBTQ+ sont plus vulnérables à des problèmes de santé mentale que les personnes hétérosexuelles, démontrent les résultats préliminaires d’une étude de l’Université de Montréal.

Les risques de suicide, les symptômes psychiatriques, l’anxiété et l’épuisement professionnel qui guetteraient ces personnes s’expliquent par un isolement social élevé, notamment.

«Les statistiques montrent que les personnes issues des minorités sexuelles sont deux fois plus isolées socialement, entre autres car elles vivent seules, explique le professeur derrière cette étude, Robert-Paul Juster. Avec la pandémie, leurs contacts sociaux sont encore plus diminués.»

Les appels ont connu une croissance fulgurante chez Interligne, un réseau d’écoute pour les personnes de diversités sexuelles. Le fait que les groupes de soutien organisés par les organismes communautaires soient dans l’impossibilité de se rencontrer y est pour beaucoup.

«On voit que le vide laissé par la possibilité de discuter avec d’autres crée des détresses supplémentaires. C’est une adaptation difficile pour plusieurs», constate la directrice générale du Groupe de recherche et d’intervention social de Montréal, Marie Houzeau.

La pandémie force aussi certains mineurs à passer plus de temps avec leurs familles, dont certaines réprouvent leurs identités sexuelles.

«Ces situations amènent de la violence domestique, se désolent, M. Juster. D’autres n’osent pas parler de leur orientation avec leurs parents, parce qu’ils craignent d’être désavoués.»

Fragilité exacerbée

La santé mentale de sous-groupes comme les transsexuels et les non binaires est particulièrement affectée par le manque de services offerts pendant la pandémie. L’accès aux traitements hormonaux est plus difficile actuellement, en raison de la congestion du système de santé.

«Vivre avec la crainte de ne pas avoir accès à ses traitements, c’est très anxiogène pour les personnes trans», explique Mme Houzeau.

Les personnes bisexuelles et pansexuelles seraient également plus affectées par un manque de ressources communautaires fort.

«On constate que ce sont des groupes un peu rejetés, en raison des stigmas qu’on peut avoir à leur endroit, commente M. Juster. Beaucoup de personnes croient qu’elles couchent avec n’importe qui sans comprendre leur réalité.»

Carapace

L’épreuve de l’isolement actuel permettra toutefois à certains de ces sous-groupes de développer une «capacité face à la crise», soit une résilience collective face aux crises, estime le professeur Juster.

«Les hommes gais ont développé un sens de communauté politique et socioculturel après la crise du sida dans les années 1980, offre-t-il en exemple. On pourrait voir d’autres communautés gagner un sens d’adaptation après la crise actuelle.»

Un sondage a été mis en ligne par l’Université de Montréal afin de mieux comprendre comment certains groupes ont conservé une bonne santé mentale pendant la pandémie. Différents groupes, comme les immigrants, les minorités ethniques et les personnes âgées seront également évalués.

«On veut faire des entrevues et des groupes de discussion pour comprendre quels sont les facteurs de risques actuels, et comprendre quelles vulnérabilités en résultent», explique M. Juster.

Les résultats pourraient permettre aux groupes et aux organismes minoritaires de s’adapter pour les éventuelles crises mondiales.

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