LaSalle

Percées visuelles sur le fleuve: «jamais profitables»

Biologiste et directeur des opérations chez Héritage Laurentien, organisme voué à la protection du patrimoine naturel, Jason Di Fiore estime que sur le plan écologique, la prolifération de plantes exotiques indésirables représente une menace à la biodiversité puisqu’elles se répandent rapidement et peuvent réduire à néant la communauté végétale en quelques années. Il émet toutefois certaines réserves face aux opérations actuelles.

Le biologiste croit que la réalisation de percées visuelles a un effet sur l’écologie. «Ultimement, la réalisation de ces percées ne sera jamais profitable au milieu naturel, mais si elles sont réalisées consciencieusement, les effets peuvent être très négligeables».

«Il existe des méthodes pour aménager des percées visuelles à faible impact. Une taille de la strate arborescente haute, mais en laissant en place la strate basse, éviterait de réduire les problèmes d’érosion. Il faut une attention aux espèces végétales qui ont la faculté de stabiliser le sol. Il serait judicieux de ne pas couper d’espèces menacées ou en situation précaire, tel que le micocoulier occidental, présent sur les berges de LaSalle».

Plantes envahissantes

Selon M. Di Fiore, le phragmite est l’espèce dominante sur une partie importante des berges de LaSalle. «Cette espèce, un roseau pouvant dépasser les deux mètres, pousse de façon agressive et forme des massifs si dense qu’il devient impossible pour toutes autres plantes de pousser dans le milieu envahi. La densité des massifs rend les rives inutilisables pour la nidification de la sauvagine (canards et oies), puisque ces derniers ne peuvent plus circuler».

Dans le cas de la Renouée japonaise, le biologiste explique que cette plante est arrivée dans la région tardivement, «mais on observe déjà ses effets dévastateurs. En plus d’une croissance extrêmement rapide, cette espèce est dépourvue de prédateurs locaux qui pourraient freiner son étalement. Elle secrète une toxine dans le sol qui inhibe le développement de ses compétiteurs».

Arbres morts: rôle écologique

En ce concerne les arbres morts, Jason Di Fiore affirme que ceux qui sont toujours debout, sont essentiels au maintien d’un habitat faunique. «Un arbre mort joue un rôle écologique crucial. C’est un perchoir pour les oiseaux, ce qui n’est pas négligeable dans un milieu abritant une importante faune ailée. À un stade intermédiaire, le bois mort devient une réserve de nourriture pour les insectes et les larves qui s’y retrouvent, ce qui représente la base même de la chaîne alimentaire. Une fois au sol, les arbres morts jouent un rôle d’abris fauniques pour les reptiles, amphibiens et petits mammifères».
M. Di Fiore ajoute que «dans certaines conditions, il peut être souhaitable de retirer les arbres morts. Un chicot instable, qui menace de tomber, représente un danger pour les citoyens. Il en est de même lorsqu’on peut déterminer la cause de la mort de l’arbre et que cette cause implique un insecte ravageur».
«Des considérations esthétiques peuvent être prises en considération. La présence de nombreux arbres morts peut s’avérer peu plaisante pour le coup d’œil. Il est possible d’effectuer un retrait sélectif. En milieu urbain, le défi est de trouver l’équilibre entre esthétisme et fonctions écologiques».

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