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LaSalle

Robert Poëti devant la Chambre de commerce

Lorsque Robert Poëti a été approché pour se porter candidat du Parti libéral, il a rencontré Jean Charest. «Je n’avais jamais cotisé à un parti et je n’étais pas militant. Je lui ai dit que je ne pensais pas qu’il voudrait d’un gars comme moi. J’ai des convictions et elles ne sont pas négociables. Je suis assez critique et franc. Les gens m’aiment ou ne m’aiment pas. Il n’y a rien dans le milieu. Je dis les choses telles qu’elles sont.»

Maniant verbe et humour avec aisance, le député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti, a su dérider les quelque 75 participants de la Chambre de commerce réunis au Centre Sorrento, le vendredi 14 décembre. Il a multiplié les anecdotes ayant marqué son cheminement de 28 ans au sein de la Sûreté du Québec et son passage à la vie politique.

Ses débuts comme policier

Fils d’un restaurateur italien du quartier Ahuntsic, c’est à l’âge de 18 ans que Robert Poëti fait son entrée à la Sûreté du Québec. «Il me manquait un quart de pouce. Il y a eu changement de loi et j’ai été le premier policier à entrer à la SQ à moins de 5’8 ».»

En sortant de l’école de police, on l’envoie à Hull. «J’ai été prêté à l’escouade de la moralité. Travailler en civil, à 19 ans, c’était le rêve de plusieurs policiers, mais moi je voulais travailler sur la route.»

Il devient ensuite patrouilleur dans Papineauville. «Un endroit calme habituellement, mais pendant mes sept ans, il y eu 22 suicides et j’ai couvert 10 accidents mortels, alors qu’un policier peut travailler toute sa vie sans en couvrir un.»

Première expérience en communications

Il fait ensuite une première incursion en communications. «Je n’avais aucune idée de ce qu’était la communication. J’ai postulé et j’ai été envoyé à Trois-Rivières. J’ai découvert qu’à la radio ou à la télévision, on peut livrer le message à 300 000 ou 400 000 personnes en même temps.»

Il quitte les communications pour un poste de direction à la SQ. «J’ai vécu la crise autochtone de 1990. En 1995, on m’a offert de retourner sur le terrain. Le seul poste libre, c’était Montréal-Métro, le plus gros de la Sûreté avec 113 policiers et deux directeurs et j’y suis resté pendant trois ans».

Lorsque qu’un programme pour études est mis de l’avant, M. Poëti retourne sur les bancs d’école. «J’ai été libéré deux ans pour une maîtrise en administration publique à l’ENAP. Nous étions 120 cadres et j’ai fini dans les six premiers.»

Après cette éclipse scolaire, il revient à la SQ. «J’ai passé quatre ans aux ressources d’urgence et j’ai vécu le Sommet des Amériques de Québec. Deux semaines avant, il y a eu des dérapages et le directeur m’a demandé de prendre les communications. Ça s’est bien passé. L’année suivante, à Gênes (Italie), il y eu 10M$ de dommages et un décès dans cette ville qui a été fermée pendant 12 jours. À Québec, il n’y a eu ni dommage, ni décès.»

Deux ans plus tard, il est directeur de la sécurité routière pour le Québec. «En 1974-1975, il y avait 2,5 millions véhicules au Québec et 2300 morts chaque année sur les routes. Aujourd’hui, il y a six millions de véhicules et nous avons moins de 500 morts par année. Des pas de géants ont été faits. Pour l’alcool au volant, il faudrait un «Nez Rouge» en été. Deux fois plus de gens sont arrêtés pour facultés affaiblies en juin et juillet.»

Retraite de la SQ et passage à la vie politique

Retraité de la SQ en 2004, il devient directeur du développement des affaires chez Gojit et Dicom, dans le domaine du courrier et du transport lourd, pendant sept ans.

Il a fait le saut en politique aux élections de septembre dernier et vante le travail de l’Opposition. «À l’Assemblée nationale, j’ai siégé sur trois commissions. Pour le projet de loi 1 du PQ, qui avait 71 articles, on a fait 89 amendements. Si on n’est pas utile, je me demande ce qu’on a fait là. Pour celui sur le financement des partis, on a fait une quarantaine d’amendements. J’ai travaillé sur le projet de loi sur les permis d’alcool qui était prêt avant les élections. Je l’ai déposé et je pense qu’en début de session prochaine, le gouvernement va l’approuver. La politique ne doit pas être une bataille de couleurs politiques. On peut s’asseoir ensemble et travailler pour les gens. Je veux aller au bout de mes convictions.»

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