La situation est explosive et les événements se bousculent dans les rangs d’Union Montréal. Quelques jours après la démission de Gérald Tremblay, une soixantaine d’élus se sont réunis en caucus et ont désigné majoritairement le conseiller de l’arrondissement de LaSalle, Richard Deschamps, à titre de candidat à la mairie par intérim de la Ville de Montréal.
La nomination devra toutefois être entérinée par un vote secret tenu par le conseil municipal de Montréal lors d’une séance prévue pour 9h30, le vendredi 16 novembre.
Mécontent de ne pas avoir obtenu le poste, Michael Applebaum a démissionné de ses fonctions de président du comité exécutif, mais il reste membre d’Union Montréal pour le moment. Il souhaite que la hausse de taxes prévue au budget 2013 soit réduite à 2,2% au lieu de 3,3%. Il a aussi parlé d’un rapport datant de 2004 qui avance que Montréal paie de 30% à 40% plus cher pour ses contrats de rues que les autres villes canadiennes.
Vice-président du comité exécutif, Richard Deschamps se fait avare de commentaires car sa nomination devra d’abord obtenir l’aval du conseil montréalais. Il a improvisé un bref point de presse pour déclarer: «M. Applebaum a le droit de prendre des décisions quant à son avenir. On peut comprendre qu’il soit heurté. Cependant, je pense qu’en présentant un rapport dont aucun membre de l’exécutif actuel n’a obtenu copie et n’a pris connaissance, il manipule les faits à son avantage».
Selon Radio-Canada, le vote a été serré puisque Richard Deschamps aurait obtenu 27 votes, contre 22 pour M. Applebaum et huit pour Helen Fotopoulos. Les conseillers d’arrondissement ont pris part à ce vote, mais ces derniers ne siègent pas à l’hôtel de ville de Montréal et ne pourront donc prendre part au vote secret décisif du vendredi 16 novembre.
Les partis d’opposition
Les partis d’opposition, Vision Montréal et Projet Montréal, envisagent la possibilité de présenter un candidat. Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, s’est dit ouvert à ce que son parti appuie un candidat d’une autre formation politique lors du vote de vendredi, mais il a fixé un certain nombre de conditions.
Actuellement, Union Montréal peut compter sur 34 élus à l’hôtel de ville de Montréal, contre 15 pour Vision Montréal de Louise Harel, 10 pour Projet Montréal de Richard Bergeron et il y a quatre conseillers indépendants.
Pourrait-on assister à une vague de désistements chez Union Montréal? Les jeux de coulisses sont nombreux, les déchirements intenses et la venue de Denis Coderre dans le portrait pourrait brouiller les cartes encore davantage.
À titre de vice-président du comité exécutif, Richard Deschamps est responsable du développement économique, des infrastructures et des grands projets. Il a été élu pour la première fois en 1999, alors que LaSalle était encore une ville indépendante de Montréal.
Détenteur d’une maîtrise en relations industrielles et d’un baccalauréat en psychologie, Richard Deschamps a été gestionnaire au sein de plusieurs entreprises importantes du secteur privé avant de faire le saut en politique municipale.