Coup d’éclat au palais de justice de Montréal le 21 novembre ! Le procès de Christopher Levers, 31 ans, accusé d’avoir poignardé mortellement David Lockhart, 28 ans, le 27 mars 2010 à l’angle des rues Jean-Milot et Lafleur à LaSalle, a avorté. La cause a été fixée au 7 janvier 2013 et un nouveau jury devra alors être sélectionné.
Après 16 jours d’audiences, le procès, qui devait durer quatre semaines, a pris fin alors que le procureur de la Couronne, Me Jacques Dagenais, achevait le contre-interrogatoire du dernier témoin, soit l’accusé lui-même.
Selon ce que rapporte le quotidien La Presse, le procureur a posé la question suivante: comment expliquait-il ce trou dans la poche de son manteau alors qu’il soutenait avoir pris le couteau dans une voiture ?
Or, les avocats de la défense, Me Alan Guttman et Me Andrée Marier, ignoraient cet élément de preuve et ont déposé une requête en avortement de procès. Le juge David leur a donné raison.
Toujours La Presse, le juge Marc David de la Cour supérieure s’est montré indigné lorsqu’il a dissous le jury et ordonné la tenue d’un nouveau procès. «La Couronne doit divulguer la preuve. Cette attitude est inacceptable. La défense a été piégée et prise par surprise. Le préjudice est trop grand et un avortement de procès est le seul remède à cette situation.»
Le juge a déploré que le manteau et le couteau n’aient pas été expertisés afin de vérifier si le trou était compatible avec l’arme du crime, ce qui aurait pu être fait.
L’avocat Guttman a déclaré qu’il n’avait jamais vu une situation semblable en 33 ans de pratique.
Christopher Levers a plaidé la légitime défense. C’est à la suite d’une dispute pour une transaction de 10$ pour moins d’un gramme de cannabis que le meurtre serait survenu.
La veille du drame, un ami de la victime aurait vendu du cannabis à un ami de l’accusé. Une rencontre a eu lieu le lendemain dans le stationnement d’un dépanneur et une altercation serait survenue entre les deux hommes.
L’accusé a témoigné que la victime l’aurait frappé au moins trois fois et que, craignant pour sa vie, il aurait saisi un couteau qu’il dit avoir pointé vers son assaillant «pour le faire peur, mais il est rentré dedans.»