LaSalle

Trop beau pour partir!

 

Depuis des années, je supporte moins bien l’hiver. Je ne suis pas le seul d’ailleurs. Après les Canadiens de Montréal, la température est de loin, notre sujet de conversation préféré. J’ai vraiment l’impression que les Québécois sont divisés en deux groupes. Les «ceuses» qui aiment l’hiver et les «ceuses» qui l’haïssent.

Moi, je suis plutôt dans la troisième catégorie. Je le sais que je vous ai dit qu’il en avait deux! Pas grave, je continue.

Moi, j’aime l’hiver quand il y a beaucoup de neige et peu de froid. J’aime surtout l’hiver à la campagne. La neige est blanche comme une hostie, les sapins sont enfarinés et les chaumières semblent dormir sous des tonnes de ouate. Ça, c’est mon côté «téteux- mononcle-qui-trippe-sur-les-cartes-de-Noël»… Je le sais bien que c’est pas moi qui suis pris pour déblayer l’entrée du garage, le poulailler, la boîte à malle, etc. Même à la campagne, la neige, c’est lourd, abondant et fatiguant.

J’ai déjà eu un chalet dans le nord et, je connais la chanson. J’adorais ça les tempêtes de neige à St-Adolphe d’Howard; c’était bon pour mon moral et le ski de fonds. Le mononcle était content de farder ses skis, de préparer son petit lunch «granola» et d’attaquer la montagne comme on attaque une pizza «All dressed» à 15 ans. C’était à une autre époque. J’avais 40 ans et l’hiver était mon ami.

Le temps passe et l’envie de me les geler aussi. Vous aurez deviné que je n’ai plus de chalet et l’idée farfelue de pelleter trois heures pour sortir mon auto du banc de neige, me rend aussi fou

qu’Anne-Marie Losique.

Heureusement, cet hiver à Montréal, c’est comme autre chose. Depuis décembre, l’hiver a peur de se montrer le bout du nez. Il pleut, il grêle, il neige un petit peu, puis il pleut encore, il grêle etc. La neige n’est pas au rendez-vous. C’est l’arrondissement qui est mort de rire. Que d’économies! Je ne devrais pas me plaindre, j’ai un garage chauffé. Je dis ça pour la forme.

Je pars pour le sud prochainement. C’est assez déprimant de quitter son Québec quand il fait si beau. C’est pas normal. Moi, j’aime ça partir au soleil et laisser ici, ma gang de chums congelés, rongés par l’humidité et ensevelis sous une tonne de neige; plein de neige brunâtre et dégueulasse. C’est normal, c’est l’hiver! Je vais avoir l’air de qui moi quand je vais prendre mon taxi. Le chauffeur (sûrement haïtien) va me demander si je ne suis pas tombé sur la tête.

– «Vous patez dans le soud missou… C’est pas le moment, y fait bon ici, c’est koume le pouintemps!»                 

Il aura bien raison le chauffeur. Il ne me reste qu’à espérer deux ou trois grosses tempêtes avec des moins 52 degrés (avec le facteur vent, il va s‘en dire). Alors je pourrai partir le cœur léger en laissant derrière moi, les glaçons et la St-Valentin.

Mais février n’a pas dit son dernier mot. Je le connais le p’tit hypocrite, il est tout petit, mais il se prend pour un grand; il va frapper fort, je vous avertis, mais moi, je ne serai pas là…

«Haut les mains, haut les mains, donne-moi ton cœur…» (air connu).

 

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