Comme la plupart des LaSallois le savent déjà, le libéral Clément Gignac, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et responsable du Plan Nord, ne se représentera pas dans la circonscription de Marguerite Bourgeoys lors des prochaines élections. En effet, M. Gignac se dirigera plutôt du côté de la Capitale Nationale.
«Il est important pour moi d’informer les LaSallois que depuis deux ans, ma résidence principale se trouve à Québec, d’où je suis originaire», dit d’entrée de jeu l’homme qui a habité pendant plus de vingt ans dans la région de Montréal et qui a été élu lors d’une élection partielle en 2009 pour prendre la relève de Monique Jérôme-Forget. «Je trouvais qu’au plan moral et de la légitimité, il était important qu’une personne qui demeure dans la région de Montréal puisse se présenter dans Marguerite-Bourgeoys. »
Ainsi, Clément Gignac avait avisé le premier ministre Jean Charest, depuis un certain temps déjà, que s’il sollicitait un nouveau mandat dans le cadre d’une élection générale, il voudrait exercer ses fonctions dans la région de Québec.
Rappelons que récemment, la chef du Parti Québécois, Pauline Marois, avait reproché à Clément Gignac de vouloir changer de circonscription, qualifiant même le geste de trahison pour les électeurs de Marguerite-Bourgeoys. Le principal intéressé s’explique mal cette attaque, rappelant que Mme Marois s’est elle-même également présentée dans différentes circonscriptions par le passé.
Au moment d’écrire ces lignes, M. Gignac ne voulait toutefois pas dévoiler dans quel comté il se présenterait. Il a cependant dévoilé qu’il rencontrerait l’exécutif du comté en question dans quelques jours.
«Disons seulement que la prochaine campagne va être la Bataille des plaines d’Abraham, mais version démocratique et pacifique», dit-il riant.
Clément Gignac a été approché en 2009 par Jean Charest durant la crise économique, en grande partie, pour son expertise du milieu financier. À son élection en 2009, il fut tout d’abord nommé ministre du Développement économique.
«Mon rôle était de supporter les entreprises pour passer à travers la crise et ce, sans partisanerie; je crois que l’on peut dire, et même les adversaires l’admettent, que le Québec s’en est mieux tiré que les autres provinces et même que plusieurs autres pays», affirme le ministre.
Il se dit également très fier de certaines réalisations, dans le comté, auxquelles il a participé, notamment la rénovation de l’urgence de l’hôpital de LaSalle, un investissement de 35M$, ainsi que la rénovation de la salle de spectacle du théâtre Desjardins, un projet qui, selon M. Gignac, a donné du fil à retordre aux différents partenaires impliqués, dont le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal et le cégep André-Laurendeau.
«J’en suis très fier, car on se faisait répondre «non» systématiquement à chaque porte où l’on cognait et malgré tout, nous n’avons pas attendu après le fédéral, nous avons bougé », dit Clément Gignac.
Vendre le Plan Nord
Après le départ de Nathalie Normandeau, il y a quelques mois, Clément Gignac s’est retrouvé ministre responsable du Plan Nord, un projet d’une envergure monstre sur lequel, selon le gouvernement Charest, repose l’avenir du Québec.
«Je crois que ce projet a le potentiel économique pour nous affranchir de la péréquation et de rendre le Québec financièrement indépendant», dit M. Gignac.
Toutefois, plusieurs détracteurs s’inquiètent des effets potentiellement néfastes sur l’environnement d’un tel projet, mais aussi des retombées économiques de celui-ci qui, selon eux, ne profiteraient pas à toute la population.
Pour défendre le Plan Nord, Clément Gignac compare celui-ci au projet de la Baie-James, qui ne fit pas l’unanimité au départ.
«À cette époque, l’opposition, le Parti Québécois, préconisait l’énergie nucléaire et disait beaucoup de mal de la Baie-James, de l’étendue du projet et de ses répercussions», dit Clément Gignac, lançant par le fait même une pointe à ses adversaires. «Je crois que 35 ans plus tard, les gens sont très contents du choix que l’on a fait.»
Toutefois, il croit que le projet peut toujours être amélioré.
«Le Plan Nord est perfectible, il n’est pas parfait; nous l’améliorons constamment», dit-il, en donnant l’exemple de l’entente récente avec les Cris occupant le territoire. «C’est une entente historique, une gouvernance conjointe; on va décider ensemble de la gestion des ressources naturelles du territoire.»
Clément Gignac dit également accepter les critiques face au projet, mais ajoute toutefois que celles-ci ne doivent pas «sombrer dans la démagogie».
Le Printemps québécois : un moment décisif
Selon Clément Gignac, la crise étudiante qui a monopolisé toutes les tribunes au Québec le printemps dernier a été un moment décisif dans sa décision de solliciter un autre mandat.
«Je n’étais pas convaincu de faire un autre mandat. La crise a été pour moi un élément crucial dans ma décision, parce que ça venait beaucoup ébranler mes principes. On ne peut pas accepter en 2012 que des étudiants inscrits à l’université ne puissent aller à leurs cours parce que d’autres les en empêchent. C’est inacceptable», dit-il, en rappelant que le Québec bénéficie des frais de scolarité les plus faibles au Canada. Il croit également que les programmes mis en place sont amplement suffisants pour permettre l’accessibilité aux études.