Passionné de l’art du graffiti, Kris Wilk, alias FLUKE (Coup de chance) avoue ne pas toujours avoir été un ange. Tout jeune, il adorait «dessiner» son nom d’artiste dans plusieurs secteurs de LaSalle. Après le secondaire, il a quitté l’école et fait «jobs les plus sales», avant de redécouvrir son talent d’artiste. Il a fondé le Studio Créatif A’Shop Creative Studios situé au 3081, rue Ontario, Est. Son équipe vient de réaliser une murale gigantesque d’une hauteur de plus de cinq étages dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à l’angle des rues Sherbrooke et Madison. Une œuvre qui a nécessité 500 cannettes de peinture dans plus de 50 couleurs différentes.
«La Ville de Montréal a confié un mandat à Prévention NDG qui nous a donné ce budget pour un projet d’embellissement. C’est nous qui avons proposé une murale pour ce quartier de blocs à logements. C’est notre interprétation de la Notre-Dame de Grâce. Ce style d’art est inspiré d’Alphonse Moucha. La Notre-Dame de Grâce veille sur NDG. Derrière, il y a la ville de NDG en survol avec ses buildings et ses deux métros. Les courges et les melons représentent la première forme d’agriculture dans NDG.»
«On a eu l’autorisation deux semaines avant de commencer à peindre. Les plans et les croquis ont été faits en studio mais tout a été peint sur place, à la cannette, en 16 jours. Nous étions cinq et on a utilisé un «lift», une échelle et un échafaud. On a grimpé comme des singes.»
Fluke nous confie que son but premier était de «réveiller» les arrondissements. «À LaSalle, j’ai proposé des projets qui ont été refusés. Il y avait une crainte de s’associer à des gens qui font du graffiti. J’ai proposé une murale sur Champlain mais il aurait fallu que je fasse signer une pétition par les citoyens qui voisinaient ce mur; une centaine de personnes. C’est ridicule ! À NDG, ils sont contents. C’est un embellissement et un investissement à long terme, une icône pour le quartier. Sur le web www.ashop.ca, on a dépassé le 2,5 millions visites concernant cette photo.»
Ses origines
Kris Wilk, 28 ans, insiste pour qu’on l’appelle FLUKE. «C’est mon nom d’artiste, mon pseudonyme qui m’a été donné quand j’avais huit ans, au basketball. À LaSalle, tout le monde me connaît sous ce nom.»
S’il habite maintenant Hochelaga-Maisonneuve, FLUKE est né et a grandi à LaSalle. «Je suis né à l’Hôpital de LaSalle et j’ai grandi dans le Bronx, près du parc Leroux. J’ai fait mon primaire à Sainte-Geneviève et mon secondaire à Cavelier-De LaSalle. Toute ma famille habite LaSalle: mes parents, mes trois frères et ma sœur.»
Cheminement hors du commun
Dès sa jeunesse, Fluke était un adepte du graffiti. «J’ai fait des graffitis dans les ruelles et les usines abandonnées. Je ne suis pas parti à huit ans en pensant que j’allais créer un Picasso. J’écrivais FLUKE partout et ce n’était pas nécessairement beau, mais avec le temps, un côté artistique s’est développé.»
Fluke a tenté l’expérience du cégep. «Je suis allé au Collège Dawson mais ça n’a pas marché. L’école pour moi, ça été un échec parce que je ne croyais pas en leur système. Après un mois, je suis allé sur le marché du travail. J’ai fait toutes les jobs les plus sales, pour en arriver à redécouvrir mon art.»
Il y a moins de deux ans, il a fondé le Studio Créatif A’ Shop Creative Studios. «On a 2500 pieds carrés dans un vieux building de 1920. On a retapé un étage pour le transformer en studio. Pour créer un métier dans le graffiti, le dilemme était de trouver du boulot en hiver, avec un espace où on peut faire de la cannette, des tableaux, peinturer des motocross, des meubles et faire autre chose que nous fait vivre à l’année.»
«On a doublé notre chiffre d’affaires. On a fait des choses pour le Cirque du Soleil, Smirnoff, Volkswagen. Il y a un intérêt du côté commercial et puisque nous sommes des experts, ils nous font confiance pour leur dire ce qui est cool.»