À la suite du résultat du registre du 21 juin dernier, la mairesse Manon Barbe a confirmé que l’arrondissement abandonne le projet Wanklyn dans sa forme actuelle et il n’y aura donc pas de référendum à ce sujet.
«Si certains s’imaginent que mes collègues et moi avons perdu quelque chose avec ce registre battu, ils se trompent. En bloquant un projet résidentiel de plusieurs M $, les quelques opposants ont fait des perdants, c’est vrai, mais ce sont les gens du quartier et l’ensemble des LaSallois. En les convainquant de signer le registre, les opposants n’ont pas vraiment dit aux citoyens à quoi ils disaient non.»
C’est en ces termes que s’est exprimée la mairesse Barbe lors de la séance publique du 3 juillet concernant le projet qui prévoyait la construction de 755 unités de condos dans le secteur délimité par les rues Wanklyn, Jean-Milot, la 138 et la ruelle Cherry Lane.
Pour Mme Barbe, les citoyens qui ont signé le registre «ont dit non au premier projet Accès condo à LaSalle, qui aurait permis à 290 jeunes familles d’accéder à la propriété. Ils ont dit non à un immeuble du programme Accès Logis, qui aurait permis d’ajouter 125 logements communautaires attendus par des familles à faible revenu, mais qui gagnent trop pour être éligibles à un appartement dans un HLM. Ils ont dit non à la transformation d’une friche industrielle et d’une usine abandonnée en un milieu de vie de qualité. Ils ont dit non à la première phase d’un «Transit Oriented Development», sans lequel LaSalle pourrait perdre sa gare de train de banlieue. Ils ont dit non aux chances de LaSalle d’obtenir un investissement majeur de Montréal pour reconfigurer l’intersection Lafleur-Clément.»
Les élus y croient toujours
Mme Barbe soutient que les élus sont convaincus que la transformation du secteur autour des voies du CP sera bénéfique pour tous. «Pour créer une communauté vivante pour le piéton, où on retrouverait une meilleure qualité de vie et des services accessibles à pied. La présence même de la gare, obtenue à l’arrachée lors de la réouverture de la ligne de train de banlieue, ne pourra se justifier qu’avec un accroissement de son achalandage actuel.»
«Il y aura sûrement un autre beau projet pour ce terrain, car il nous semble impossible d’envisager la perspective de voir ces terrains abandonnés à jamais. Nous espérons que les gens fonderont leur opinion sur les caractéristiques véritables du projet qui leur sera proposé, pas sur des tracts anonymes qu’ils trouvent dans leur boîte aux lettres.»
Les élus sont conscients des craintes de certains, «mais on ne peut pas remplacer un site industriel abandonné par un parc et des immeubles résidentiels, sans qu’il n’y ait quelques mois de poussière et de bruit dus à la construction. On ne peut pas profiter de la vie et de l’énergie qu’apportent des centaines de nouvelles familles, sans qu’il n’y ait des voitures et des autobus de plus dans les rues. On ne peut offrir des centaines de logements aux personnes à faible revenus et des propriétés abordables aux jeunes familles sans que le promoteur puisse rentabiliser ce volet social par une densité suffisante de propriétés individuelles. On ne peut réclamer de meilleurs transports en commun sans qu’il y ait le nombre suffisant d’usagers pour justifier ces améliorations.»
Les membres du conseil sont d’avis que «plusieurs raisons justifient que nous investissions nos énergies dans le développement résidentiel. Déjà, les habitations réalisées au Bois des Caryers, au Quartier Angrignon et rue Airlie donnent une image positive et dynamique de LaSalle aux Montréalais et aux LaSallois eux-mêmes.»