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LaSalle

Un LaSallois aux premières loges d'un drame

Le Québec a frôlé la catastrophe le soir du 4 septembre. Alors que la nouvelle première ministre Pauline Marois s’adressait à des milliers de partisans réunis au Métropolis, le «tireur fou» Richard Bain a fait feu vers l’intérieur de l’édifice, atteignant mortellement un père de famille et faisant un blessé. Quand son arme s’est enrayée, il a tenté de mettre le feu à l’édifice. Le LaSallois Jacques Renaud se trouvait à une vingtaine de pieds de l’endroit où le drame s’est produit, aux côtés de la famille et de la belle-famille de Mme Marois et du comédien Yves Desgagné.

«C’est en regardant les nouvelles que j’ai compris que le suspect était fortement armé. Son fusil était comme une mitraillette. Mais l’arme s’est enrayée. Sinon, je n’ose même pas imaginer ce qui aurait pu arriver.»

Jacques Renaud était responsable du scénario de la soirée péquiste. «Tout allait bien quand Mme Marois s’est présentée sur scène. Les militants débordaient de joie. À un moment donné, j’ai entendu deux coups. Comme la salle était en effervescence, jamais j’ai pensé à des coups de feu. Il y avait tellement de bruit que je n’ai pas réalisé sur le coup.»

Quand Yves Desgagné est sorti pour voir un moniteur, il a vu un corps au sol. «Il est entré, paniqué. Il a eu le réflexe de fermer la deuxième porte et a crié «on tire!». Ce qui m’a touché c’est que dans un moment aussi tragique, aucun membre de l’équipe n’a pris la fuite. On a essayé, autant qu’on pouvait, de maîtriser cette situation-là.»

«Mon réflexe, je ne sais pourquoi, a été de protéger la mère de Mme Marois, qui a 92 ans et qui est toute menue. Spontanément, j’ai dit à Yves Desgagné qu’il devait aller sur scène pour dire aux gens d’évacuer la salle tranquillement. Il a eu les bons mots alors que c’était beaucoup plus grave que ça. Ni moi, ni Mme Marois ne savions qu’il y avait un mort. »

«Les images, je les ai vues à la tél��vision, mais j’ai entendu les coups de feu, j’ai vu le feu de loin, j’ai vu la fumée et j’ai surtout senti l’odeur de gaz qui s’est répandu à l’arrière-scène. Nous nous sommes concentrés à éviter la panique et organiser une sortie en douceur.»

Retour imprévu et sortie hors de l’ordinaire

Lorsque Jacques Renaud a vu les responsables de la sécurité sortir Pauline Marois, il n’aurait jamais pensé qu’elle reviendrait. «Dans ma tête, c’était clair qu’elle ne reviendrait pas. Lorsqu’elle a su que sa famille n’était plus en danger, elle a compris que ça pouvait tourner au drame et est revenue supporter Yves au micro pour demander aux gens de ne pas paniquer.»

La SQ n’a jamais permis à Jacques Renaud et à son équipe de sortir par la porte par où était passé le suspect. «On nous a fait passer par une espèce de sous-sol au Métropolis, une cave en terre avec un trottoir de béton qui va de l’arrière-scène à la porte de la rue Sainte-Catherine.»

Les émotions se bousculent

Employé d’un sous-traitant du Métropolis, celui qui a perdu la vie, Denis Blanchette, attendait pour démonter les installations. «Le démontage a été suspendu jusqu’au lendemain après-midi. Quand l’équipe est retournée, ça été très difficile car un de leurs collègues avait perdu la vie et tout était demeuré intact, comme si le monde avait arrêté de tourner.»

Jacques Renaud est-il hanté parce la tragédie qui aurait pu survenir? «On n’ose même pas y penser. J’étais sur place et j’ai même fini la soirée avec Mme Marois jusqu’à 4h du matin dans la suite que nous avions réservée pour elle et sa famille. »

C’est un véritable arsenal que Richard Bain avait en sa possession. Sur les 22 armes qu’il possédait, il s’était rendu à Montréal avec cinq d’entre elles, dont une carabine automatique Ceska Zbrojovka et un pistolet Beretta 9 mm Luger. Il fait face à 16 chefs d’accusation.

Des liens étroits avec Pauline Marois

Jacques Renaud a organisé les cinq grands rassemblements publics qui ont marqué la campagne électorale du Parti québécois.

Le LaSallois connaît Pauline Marois depuis fort longtemps. «J’ai été son directeur de campagne pour la première fois en 1985. Elle était chef de cabinet de Lise Payette et moi j’étais attaché politique. Quand René Lévesque a démissionné, elle s’est lancée en politique. Elle a entrepris une première course à la chefferie contre Pierre-Marc Johnson et Jean Garon. M. Johnson avait alors le vent dans les voiles, mais Mme Marois s’est quand même lancée et j’étais son directeur de campagne.»

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