Deux jours après avoir obtenu un premier mandat à titre de député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti s’est rendu dans la Vieille Capitale et a pris part à son tout premier caucus libéral, au lendemain de l’annonce du départ du chef Jean Charest, qui quitte la vie politique après 28 ans comme député de Sherbrooke.
Jean Charest a rencontré une dernière fois les 125 candidats qui ont porté les couleurs libérales lors du scrutin du 4 septembre.
Dans une entrevue accordée au Messager au lendemain de sa visite à Québec, M. Poëti s’est dit très touché par le départ de M. Charest, qui était présent à son local électoral du boulevard Newman lors du lancement de sa campagne électorale, le 2 aout dernier.
«C’est un peu ironique dans le sens où la journée où il a quitté, moi c’était la journée où j’ai commencé. Il a consacré 28 ans de sa vie à la politique et d’autres défis s’offriront à lui. Moi j’ai fait 28 ans à la Sûreté du Québec et aujourd’hui je me retrouve en politique. Plusieurs ministres sont issus de sa pensée politique et de ses convictions. Le chef quitte, mais l’équipage est toujours là et va continuer à travailler avec un nouveau chef.»
Le nouveau député en était à son baptême politique à Québec. «C’était ma première journée de ce que j’appellerais «Politique 101.» M. Charest a des convictions profondes, mais c’est d’abord un être humain avec des valeurs familiales. J’ai eu l’impression de me retrouver en famille, comme dans une confrérie. Ça été éclairant et agréable, compte tenu que j’ai pu vivre les derniers moments de M. Charest en politique. Je me sens privilégié à ce niveau. Les ministres qui ont de l’expérience vont devenir pour moi des mentors en termes de développement politique.»
En tant que vedette du Parti libéral, la présence de Robert Poëti à Québec a suscité l’intérêt des médias. «J’ai une expertise en sécurité publique, en mesures d’urgence et en sécurité routière. Ce sont trois sphères dans lesquelles j’ai travaillé longuement à la SQ. Puisque j’ai été directeur des communications de la SQ pendant plus de quatre ans, j’ai développé le rôle de la vulgarisation et de la communication. Si cet atout peut me permettre d’expliquer nos orientations, je tenterai de le faire si le parti en a besoin.»
Course à la chefferie
Robert Poëti a commenté la course à la chefferie de son parti. «Je vais suivre ça de près. Dans cette salle-là, il y avait des hommes et des femmes de hautes compétences politiques. Il s’y trouvait probablement le prochain chef, homme ou femme. Je serai à l’écoute et je devrai trouver parmi eux certains mentors pour me guider dans mon expérience politique. »
Le poste de chef aurait-il pu l’intéresser ? «À ce stade-ci, ce n’est pas une réflexion que j’ai besoin de faire. J’en suis à mes débuts, je fais confiance aux gens qui sont là et j’ai beaucoup à apprendre dans les rouages parlementaires. J’ai certains avantages par mon expertise professionnelle et personnelle dans des sphères d’activités spécifiques, mais au niveau du rouage politique, je ne suis pas qualifié à ce stade-ci pour penser à un travail comme celui-là.»
Les événements tristes du Métropolis
Que pense Robert Poëti du drame survenu au Métropolis ?
«Au Québec, la protection rapprochée est efficace. Elle était là et tout le monde a bien réagi. Mais lorsqu’on parle de périmètre extérieur, des célébrations festives, et il y en a eu dans tous les partis et il n’y a pas nécessairement une autorisation d’entrée et des accès sécurisés. On devra faire un post-mortem et voir de quelle façon on peut améliorer ça. Nous ne sommes pas dans un pays où ce genre de situation se produit. C’est une fois de trop! Minimalement, la garde rapprochée des hommes d’État, à mon avis, est efficace. Mais c’est inquiétant de constater que nous ne sommes pas à l’abri d’un «déséquilibré du système» qui décide de commettre un geste comme celui-là. C’est heureusement très rare que ça se produit.»