Alors qu’il avait placé sa confiance du côté de Richard Deschamps, remplaçant de Tremblay à la tête d’Union Montréal et candidat défait à la mairie, Deguire a plutôt vu Applebaum l’emporter, ce dernier lui retirant aussitôt sa place au conseil d’agglomération pour la donner à un de ses collègues de Montréal-Nord, Jean-Marc Gibeau. Une tentative claire de semer la zizanie, selon Deguire, qui a remis sa démission au comité exécutif à titre de responsable de l’habitation et du logement social. « Je savais que mon chien était mort », explique-t-il, ajoutant que c’était là son cadeau de M. Applebaum. « Parce que si tu n’es pas avec lui tu es contre lui. »
Selon Gilles Deguire, Richard Deschamps avait la crédibilité et le respect de ses adversaires et toutes les compétences requises pour occuper la place de Gérald Tremblay. « Encore aujourd’hui je crois que ç’aurait été la bonne personne. Mais c’est ça la démocratie, certains se sont laissé berner, d’autres étaient à la recherche du pouvoir ou de postes influents, alors « be my guest », on va vivre comme ça jusqu’en novembre 2013 ».
La beauté d’arriver en décembre 2012, ajoute-t-il, « c’est que les calendriers de 2013 viennent de sortir et que si on les regarde bien, il y a un mois, novembre 2013, celui des prochaines élections municipales. Moi, ça m’inspire. »
Toute sa confiance en Gérald Tremblay
« Depuis novembre 2009, j’ai été aux côtés d’un homme de grande valeur qui s’appelle Gérald Tremblay, qu’on a poussé à quitter de façon beaucoup trop rapide. C’est malheureux. Je n’en reviens pas encore qu’il ait quitté avant Gilles Vaillancourt. Il y a tout un monde de différences entre eux. Pour l’instant, il n’y a pas l’ombre d’une petite accusation contre lui, rien du tout. Ce qui est malheureux, c’est ce que certains ont flairé l’occasion du pouvoir et ils ont incité le chef à partir, et ça je ne l’accepte pas. Je suis fier d’être membre d’Union Montréal depuis 2009 », lance Deguire.
Selon lui, les prédécesseurs de Tremblay devraient être interpelés. « Tout ce qu’on voit à la commission Charbonneau, c’est en 1996, 97, 98, 2000. Ça existait depuis 30 ans ! Alors, ils sont où M. Doré et M. Bourque ? On ne les entend pas ! Mais celui qui a sonné l’alarme, qui a demandé à la Sûreté du Québec de faire des enquêtes, c’est M. Tremblay, le même qu’on a mis au pilori et qu’on a exécuté. Je trouve ça malheureux. »
«Si on quitte…»
« Moi je vais rester membre d’Union Montréal tant et aussi longtemps qu’il y aura un cheminement de l’ensemble de ceux qui vont rester. Est-ce on va revenir sous une autre forme, un autre vocable, un autre véhicule, comme a dit Alain Tassé ? Mais moi je vais rester jusqu’à la dernière seconde », affirme prudemment Deguire quant à la possibilité de le voir, ainsi que les autres conseillers de Montréal-Nord, quitter le navire chambranlant d’Union Montréal.
Mais s’ils devaient quitter, les membres nord-montréalais d’Union Montréal pourraient vouloir amener avec eux une part de la caisse du parti. « Notre équipe à nous, dans l’arrondissement, depuis trois ans, on a tenu des activités de financement pour préparer la campagne électorale de novembre 2013. Si on quitte, je laisse l’argent là, mais je veux la récupérer minimalement : ce qui revient à Montréal-Nord, on ne l’a pas travaillé pour rien, alors moi je veux récupérer ces sommes là », dévoile Deguire, avant de minimiser le risque de défection et renvoyer la balle aux déserteurs du parti.
« Je ne pense pas qu’on va quitter. Union Montréal, ou le noyau qui reste va se transformer. Les indépendants qui viennent de partir, on dirait qu’ils sont devenus vierges, parfaits, tous blancs, et là ils vont se retrouver tous ensemble avec un Marvin Rotrand ou un autre, mais non… Si tu as fait quelque chose de croche il y a 15 ou 20 ans, la Sûreté du Québec peut venir te chercher pareil, même si tu as lâché ! »
Rien à se reprocher
« Moi et notre équipe ici, et je crois que c’est la même chose dans Saint-Laurent, à Saint-Léonard et Anjou, on n’a rien à se reprocher, poursuit Deguire. Il reste encore plusieurs mois, le printemps va arriver vite, et avec la nouvelle saison arriveront peut-être de nouveaux joueurs. Pour moi c’est une opportunité de revenir à la maison, je suis avec mon monde, je suis heureux, la vie est belle et on va tranquillement préparer 2013 qui sera certainement une année fertile en rebondissements. »