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Montréal-Nord

Un désert qui inspire la science

Nous avons été invités à la plus grande manifestation de diffusion des savoirs qu’on puisse imaginer : le congrès de l’ACFAS, l’Association francophone pour le savoir. Imaginez, des scientifiques et une citoyenne de Montréal-Nord qui expriment devant un parterre de scientifiques comment un groupe de citoyens prennent en charge la lutte contre l’insécurité alimentaire, pour eux, pour leurs familles, pour leur collectivité.

Un congrès de l’Acfas, c’est comme un immense salon au palais des Congrès. Sauf qu’au lieu d’y magasiner une auto neuve, une maison ou une destination exotique, on y va en quête de savoirs : 3500 présentations, réparties dans quelque 169 colloques et près de 40 domaines de recherche: sciences de la santé, sciences naturelles, mathématiques, génie, lettres, arts, sciences sociales, éducation… Tout cela sous un même toit, pendant cinq jours !

Le fonctionnement est plutôt conventionnel : un chercheur reconnu dans son domaine et, de toute évidence, très respecté, préside un colloque. Des chercheurs et des étudiants livrent tour à tour les résultats de leurs recherches devant un auditoire composé majoritairement de chercheurs et d’étudiants.

Jeudi dernier, c’était un peu différent. Après une présentation du cadre théorique d’une recherche intitulée Les déserts alimentaires : enquête sur trois arrondissements montréalais par un Doctorant de l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM, une citoyenne de Montréal-Nord est venue décrire ce qu’elle et ses concitoyens avaient créé… et qui avait permis d’alimenter le chercheur.

 

Le projet dont il est question est l’initiative en développement et amélioration de la sécurité alimentaire pour laquelle la Direction de la santé publique a mandaté Montréal-Nord en santé. Des initiatives, les citoyens n’en manquent pas : groupe d’achat, jardin collectif, magasin général, marché public ou cuisine collective.

Autant de créativité et de développement qui se nourrissent de leur enthousiasme et alimentent ses participants en produits frais pour une portion du coût des grandes chaînes.

Les scientifiques s’intéressent particulièrement à deux dimensions du projet: la mise en commun des savoirs citoyens et scientifiques ainsi que la mobilisation citoyenne au coeur du projet.

Sur ce point, le chercheur déclarait; « Il existe beaucoup d’expériences comme les groupes d’achat qui naissent et meurent aussitôt. La particularité de ce projet est qu’il repose sur l’implication des citoyens qui prennent en charge la gestion du projet. Grâce à l’Accorderie, ils sont payés en heures pour acheter d’autres services en plus de faire des économies significatives sur leur facture d’épicerie.»

Combien d’autres savoirs enfouis détenons-nous ? Mais n’attendons pas d’être invités par les savants pour bâtir une communauté à notre image…

Patrice Rodriguez

coordination@parole-dexclues.ca

 

 

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