« Les voisins sont avertis » est-il écrit sur la bannière du festival où l’on retrouve aussi les noms des groupes : Les Pitbulls Bourgeois, Kaos, Gurrp, Ructions, Kriegers, Mr. Porky et ses cochonnets, Eternal Closure et The Hoarders.
« Il y a toujours un sourcil qui se lève quand on parle de RockFest, mais ça suscite aussi de l’engouement. La ville a été assez agréablement collaborative. Nous avons eu une très bonne réponse de leur part », dit Frantz Constant, intervenant-animateur au Café Jeunesse Multiculturel. L’organisme dont la mission est axée vers les 13 à 30 ans a décidé d’appuyer Cédrick Melançon quand il a parlé de son festival, il y a un an.
Fort de cet appui, ce dernier s’est entouré d’une jeune équipe et a mis en branle le projet. Par la seule force des réseaux sociaux, le mot s’est passé au point où une soixantaine de groupes ont auditionné en envoyant un démo et une vidéo. Huit ont été choisis, et c’est le désir d’offrir une programmation variée qui a guidé le choix des organisateurs. « On a regardé leur présence sur scène, comment ils bougent, mais on voulait surtout ne pas s’en tenir à un seul style. Il y aura du rockabilly, de l’alternatif, du punk rock, du folk, du scream et du gros rock pur », a expliqué Cédrick après le dévoilement de la programmation.
Celui-ci affirme avoir organisé ce festival dans le seul but d’offrir de la visibilité à des groupes semi-professionnels ou qui en sont à leurs débuts. Certains monteront sur scène pour la première fois, comme c’est le cas de Kaos, alors que d’autres, tel Les Pitbull Bourgeois, l’ont déjà fait des dizaines de fois.
« À Montréal-Nord, il ne se passe pas grand-chose du côté du rock. Il y a une effervescence du rap, et c’est bien ainsi, mais j’ai voulu développer la scène rock, analyse l’organisateur. Si ça fonctionne bien, ajoute-t-il, c’est certain que j’aimerais organiser ce festival encore l’an prochain. Si ça pouvait se dérouler sur deux jours, avec une quinzaine de bands qui auraient encore plus de visibilité, j’aimerais ça. »
Risque de provoquer?
Un festival de musique lourde et bruyante dans un quartier résidentiel, une affiche un brin baveuse (Les voisins sont avertis), est-ce que ça ne risque pas de créer des tensions ? « On ne veut pas provoquer ! Mais les voisins seront prévenus pour vrai, on va aller les voir. En même temps, je veux un système de son assez puissant pour qu’on nous entende jusqu’à Laval! », dit Cédrick.
Si une part du financement de l’organisation de ce festival provient du Café Jeunesse Multiculturel, l’arrondissement fait aussi sa part en fournissant la scène extérieure et certains services. Le spectacle, qui commencera à 16 h, devrait se terminer vers 21 h. Il a été décidé qu’il n’y aura pas de vente d’alcool.
« Nous avons voulu que ça reste basic, dans une optique communautaire », explique Frantz Constant, qui précise que ce projet personnel, devenu communautaire, cadre bien avec l’un des objectifs du Café Jeunesse Multiculturel, soit celui de favoriser les espaces de création culturelle.