Outremont

Outremont: Des autobus qui dérangent

Les autobus scolaires des juifs assidues dans l'arrondissement Outremont dérangent des résidents.

Le débat entourant l’affluence d’autobus jaunes des écoles juives hassidiques refait surface à Outremont. Des citoyens soulèvent de nouveau des problématiques de bruit, de vitesse et de pollution liées à la circulation de ces véhicules scolaires qu’ils estiment trop nombreux.

«Ils ne respectent pas la limite de vitesse. Ils arrivent de n’importe où et n’importe comment», s’insurge un résident de l’avenue Lajoie, Serge Barthomeuf, qui constate que les autobus sont souvent à moitié remplis.

Certains reprochent à ces véhicules de faire du porte-à-porte pour prendre les enfants, principalement dans le quadrilatère formé des avenues Van Horne, Saint-Viateur, Durocher et Wiseman, bloquant souvent la circulation.

«Ça fait beaucoup d’arrêts et de bruit. Ils sont même beaucoup plus bruyants que les autobus de ville. Ils fonctionnent aussi au diesel, ça augmente les odeurs et la pollution. C’est un irritant dans la vie quotidienne», mentionne une résidente qui préfère garder l’anonymat par crainte d’être accusée de raciste et d’antisémite.

Selon la citoyenne, le problème s’intensifie depuis 10 ans. En 2014, la Sécurité publique d’Outremont (SPO) déposait à l’arrondissement un rapport d’observations.

Les agents ont noté que les arrêts fréquents occasionnent parfois une congestion importante, «bien que peu durable», qui pouvait s’intensifier avec les camions de collecte des matières résiduelles. Quant à la vitesse, elle serait liée plus à une perception du bruit du moteur qu’un fait réel.

La SPO a dénombré une vingtaine d’autobus, dont environ 15 des écoles hassidiques et ont remarqué que certains roulent jusqu’aux alentours de 22h30.

Carrés jaunes
Lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement, quelques citoyens ont arboré un carré jaune en feutre pour dénoncer l’affluence des autobus scolaires de la communauté hassidique. Le port de ce symbole a été vivement dénoncé par plusieurs y voyant un rappel de l’étoile de David que devaient porter les juifs sous le régime nazi.

L’idée du carré jaune serait apparue en marge de la consultation sur le plan d’action pour les aînés de la Ville de Montréal, tenue au Centre communautaire intergérationnel en février. Durant cette rencontre, des participants ont fait part de leurs préoccupations concernant les autobus jaunes.

Solutions
Les citoyens interrogés par TC Media suggèrent des pistes de solutions. Ils proposent entre autres d’embarquer les enfants aux intersections, de mettre sur pied un trottibus ou utiliser de plus petits véhicules.

Le maire d’Outremont, Philipe Tomlinson, mentionne que l’arrondissement n’a aucun pouvoir réglementaire pour intervenir sur le transport d’élèves.

«Les écoles privées et la commission scolaire peuvent le faire. Il est important aussi qu’on ne se concentre pas seulement sur les écoles juives dans ce dossier. Il y a 13 écoles à Outremont et il n’y a pas beaucoup d’écoles qui n’ont pas d’autobus scolaires», fait valoir l’élu qui refuse de discuter avec ceux qui continueront de porter le carré jaune.

De son côté, le président de la Coalition d’organisations hassidiques d’Outremont, Alex Werzberger, estime que les doléances proviennent d’une poignée de citoyens qui cherchent à rendre la vie plus difficile à sa communauté. Il rejette par ailleurs la proposition de recueillir les enfants à des points communs.

«Ce n’est pas raisonnable ou humain de laisser attendre des petits gars de 5 ou 6 ans sur le coin d’une rue quand il fait 20 ou 25 en bas de zéro ou quand c’est de la pluie», soutient-il.

Au cours des prochains mois, M. Tomlinson rencontrera l’ensemble des directions des écoles de l’arrondissement pour aborder notamment la question du transport scolaire.

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