Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Incursion à la Cité-des-Prairies grâce à des balados

Balado sur Cité-des-Prairies, centre jeunesse.

À travers une série de balados, Gabriel Allard-Gagnon amène les auditeurs à rencontrer cinq jeunes placés au centre jeunesse de Cité-des-Prairies, alors qu’ils s’apprêtent à participer au tournoi de hockey annuel.

Cité-des-Prairies (CDP), située dans Rivière-des-Prairies, compte les cas les plus lourds d’adolescents contrevenants et de garçons placés par la Direction de la protection de la Jeunesse (DPJ). Parmi les 120 jeunes qui y vivent, certains ont commis des crimes graves. Braquages, agressions, viols ou encore homicides.

Mais au-delà des apparences, la réalité est complexe.

C’est cette «nuance» qui a captivé le documentariste Gabriel Allard-Gagnon. Après avoir réalisé T’es où Youssef?, qui a remporté quatre prix au Gémeaux 2017, puis La bombe, il a voulu ouvrir les portes de la Cité-des-Prairies afin d’y avoir une vue de l’intérieur. Pendant plusieurs mois, micro à la main, Gabriel Allard-Gagnon est allé à la rencontre de plusieurs jeunes et intervenants qui y vivent et travaillent.

Le résultat, Bienvenue à la Cité-des-Prairies, offre une incursion rare et éclairante.

«Ce n’est pas un endroit avec lequel on est familier, on connaît la réputation de ces endroits, mais on ne sait pas comment on y vit, ce qui s’y passe et qui sont les jeunes qui vivent là», explique M. Allard-Gagnon.

Au fil des cinq épisodes d’une trentaine de minutes, il va discuter, partager, réfléchir avec cinq jeunes hommes : Éric*, Kenny*, Christian*, Gretzky* et Nazim*. On y découvre des jeunes qui pratiquent la guitare, qui jouent à des jeux de société et qui dévoilent la complexité de leur cheminement vers Cité-des-Prairies.

Ce sont aussi à travers les mots des deux organisateurs du tournoi, Keven Venne-Geoffroy, éducateur, et Kévin Major, intervenant, que la vie de ces jeunes se raconte.

Depuis trois ans, «les deux Keven» et l’établissement organisent ce tournoi pour faire une pause dans le quotidien chargé de ces jeunes très encadrés. «Il y a beaucoup d’amour et beaucoup de hargne; ce sont des adultes qui essaient d’amener de beaux moments», ajoute le réalisateur.

C’était «le prétexte idéal» pour Gabriel Allard-Gagnon qui avait à cœur de raconter des histoires qui détonnent de celles plus négatives que l’on entend souvent dans les médias. «C’est un moment où les jeunes et les adultes font quelque chose de concert et ça va bien, et tout le monde trippe», confie-t-il.

C’est d’ailleurs pour ça que la direction du centre de réadaptation et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’est-de-l’île-de-Montréal (CIUSSS) a accepté d’ouvrir les portes. «C’est important pour nous d’être transparents, mais c’est surtout pour donner l’opportunité aux jeunes de s’exprimer», explique Jocelyne Bodreault, agente d’information pour le CIUSSS de l’est.

Les balados ont été réalisés dans le cadre d’une collaboration entre Radio-Canada et Urbania. Ils sont disponibles sur la plateforme de diffusion de Radio-Canada.

*Les jeunes ont choisi eux-mêmes choisis leur nom fictif pour le documentaire.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version