C’est sur ce thème que s’entendaient les trois conférenciers présents lors de l’après-midi causerie sur les thèmes de l’intégration et de la réussite de personnalités des communautés noires au Québec, à l’école secondaire Jean-Grou, le 26 février dernier.
Trois parcours
Dorothy Rhau a attendu d’avoir soufflé ses 37 chandelles avant d’accomplir son rêve. Elle a étudié à McGill pour finir derrière un bureau, comme le souhaîtaient ses parents. Mais Mme Rhau, elle, se voyait sur une scène à raconter des histoires et à inventer des gags.
C’est au Belmont, en 2010, qu’elle a fait son apparition en tant qu’humoriste. Depuis, elle vit de ses blagues et croit fermement que les jeunes Noirs n’ont rien à envier à personne. « Si on a la peau foncée, c’est pour foncer et défoncer les bornes. That’s it », a-t-elle lancé à une salle comble à peu près sans visages pâles.
Alberto Syllon, lui, est un inconnu qui a roulé sa bosse. Son apport à la discussion? Lui-même ancien de l’école secondaire Jean-Grou, il a vécu la réalité des gangs de rue. Aujourd’hui, les mauvais coups sont derrière lui et il est le huitième pompier Noir à travailler pour la Ville de Montréal. Et il ne trouve pas ça normal.
« On a besoin de plus d’ambulanciers, plus de juges, plus de directeurs d’école Black. On est capable d’y arriver. On peut faire notre marque, laisser nos traces, parce que la route est vierge».
De son côté, Widemir Norwil a longtemps cru qu’il deviendrait professeur d’éducation physique, comme son père. Il doutait que son amour pour les arts et la comédie soit un gage de son talent. Un jour, le déclic s’est fait : « Ne laissez jamais l’opinion de quelqu’un d’autre devenir votre réalité. », a répété plusieurs fois celui qui joue un rôle d’importance dans l’émission Trente vies, notamment.
Un pôle critique
Discuter de la contribution des Noirs à l’école Jean-Grou n’a rien d’anodin. Avec ses 87 % de clientèle noire, dont 80 % est haïtienne, on comprend aisément pourquoi depuis sept ans maintenant, l’école de Rivière-des-Prairies organise une causerie pour souligner février, le mois de l’histoire des Noirs.
« Avant, c’était les intervenants qui organisaient tout. Puis, on s’est rendu compte que les jeunes aussi voulaient s’engager dans la programmation», explique Pierreson Vaval, directeur de l’équipe Rivière-des-Prairies qui supporte le projet conjointement avec l’école.
Le spectacle, bien rodé après autant d’années, semble avoir atteint son objectif étant donné l’enthousiasme de la salle comble. « On voit qu’on peut aller plus loin dans la vie», affirme Stanley Jeudy, un élève de cinquième secondaire présent au spectacle.
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