Le Jeep Grand Cherokee a déjà été le roi des sentiers, battus ou non. Il n’y a pas si longtemps, il était d’un grand chic dans l’entrée de garage banlieusarde. Mais l’utilitaire s’est, depuis, assis sur ses lauriers. Et aujourd’hui, il n’est plus tout à fait à la hauteur. Deux éléments le sauvent, cependant : son système quatre roues motrices, un vrai de vrai celui-là, et surtout son moteur diesel.
Le Grand Cherokee est l’un des seuls utilitaires, voire l’un des rares véhicules tout court, à s’offrir en motorisation diesel en Amérique du Nord.
Et ne cherchez pas d’odeur nauséabonde ou de nuage de fumée noire au tuyau d’échappement, encore moins de cliquetis de moteur, parce que vous n’en trouverez pas.
Son V6 turbo de 3,0 litres à rampe commune, de fabrication Mercedes, fait partie de cette nouvelle génération de moteurs diesel plus respectueux de l’environnement dont nous vous parlions dans ces pages la semaine dernière.
Un faible pour les diesel
Personnellement, j’ai toujours eu un faible pour les moteurs diesel, même lorsqu’on les accusait des pires maux de la planète. Non seulement parce qu’ils consomment jusqu’à 40 % moins de carburant pour la même distance, mais aussi parce qu’ils disposent d’un couple (le bon vieux «torque») à faire pâlir d’envie des moteurs à essence plus puissants.
Le «petit» V6 turbodiesel de 215 chevaux qui équipe le Grand Cherokee produit 376 lb-pi de couple – autant que le V8 à essence qui peut aussi propulser l’utilitaire.
Avec ce moteur diesel, le Grand Cherokee, pourtant lourd avec ses 2 790 kilos, accélère dynamiquement et sans demander son reste. Son couple se réveille dès les premières révolutions, sans décalage. Sa capacité de remorquage atteint les
3 500 kilos – c’est presque 8 000 livres, ça!
840 km avec un plein
Certes, une fois la pédale bien enfoncée, on a le réflexe de songer à tous ces litres de carburant qui s’envolent en émanations.
Mais on se console : la consommation tourne autour des 10,5 L/100 km, soit de deux à trois litres sous la compétition. Dit autrement, on peut rouler plus de
840 kilomètres avec un seul plein. Quand même!
Donc : besoin d’un utilitaire qui consomme (et qui pollue) pas mal moins que les autres, et qui peut franchir à peu près tous les obstacles qu’une balade en forêt lui fera affronter? Sans hésitation, je vous dirais : le Jeep Grand Cherokee diesel.
Être prêt aux compromis
Mais il faut faire des compromis. D’abord, il faut vivre avec un revêtement intérieur de plastique rêche, trop bon marché pour figurer à bord d’un véhicule de plus de
40 000 $.
Aussi, les sièges avant manquent de maintien latéral et de soutien lombaire. Après une heure ou deux de route, le bas du dos s’en ressent. Il faut aussi faire avec une insonorisation moyenne et une capacité cargo plus serrée que pour les autres utilitaires de même catégorie (à peine 1 909 litres).
Autres points négatifs : la tenue de route. En misant sur une suspension arrière à essieu rigide, question de satisfaire les puristes du off-road, Jeep condamne son Grand Cherokee à rebondir vigoureusement sur les cahots, dans un va-et-vient d’amortisseurs peu confortable . Aussi, la direction souffre d’un flou en son centre qui affecte sa précision. Et en virage, lorsque la caisse s’épanche, on est vite rappelé à l’ordre : il n’y a rien de sportif là-dedans et une conduite précautionneuse s’impose.
Par ailleurs, où sont ces petits détails qui savent faire la différence, et que la compétition offre? Par exemple, on regrette que les dossiers de la banquette ne s’inclinent pas pour la sieste et que la climatisation se fasse manuellement plutôt qu’automatiquent (ne rêvez surtout pas à un réglage à deux zones…). On aurait aussi voulu le démarrage sans clé. Enfin, on déplore l’absence de touches de luxe qui auraient eu le mérite de rehausser l’ambiance d’une cabine somme toute terne et fade.