Michel Therrien n’a peut-être pas pris parti dans le conflit qui oppose les propriétaires aux joueurs, mais une chose est certaine : il a hâte que ses hommes sautent sur la glace.
«Je me sens comme un lion en cage, a lancé le nouvel entraîneur du Canadien aux journalistes hier. J’ai hâte de sortir et de travailler en camp d’entraînement en vue du début de la saison.»
Therrien, tout comme le directeur général Marc Bergevin et le propriétaire de l’équipe Geoff Molson, était au Club de golf Royal Montréal. Le tournoi de golf du Canadien est une tradition annuelle. Pour bien des gens, il s’agit du début non officiel de la saison de hockey.
L’ambiance était toutefois bien différente hier puisque aucun des joueurs de l’édition actuelle de l’équipe n’était sur place. Comme ils viennent de se faire imposer un lock-out par la ligue, on pourrait difficilement les blâmer.
Disons que Therrien se serait bien passé du conflit de travail dans la LNH. «C’est une situation frustrante. Nous avons travaillé fort tout l’été pour nous préparer et nous sommes prêts à commencer», a-t-il affirmé. «Ce n’est pas le retour espéré pour les joueurs, pour l’équipe et pour les partisans. Nous sommes tous dans le même bateau», a-t-il ajouté.
Message à Gionta
L’entraîneur ne voit pas d’un mauvais œil que certains de ses joueurs aient d��cidé de jouer en Europe durant le lock-out. Selon lui, le plus important est que ses troupes gardent la forme. C’est d’ailleurs pourquoi il s’est entretenu avec Brian Gionta un peu avant le déclenchement du lock-out.
«Je lui ai demandé de remplir son rôle de capitaine, qu’il s’assure que les joueurs restent en très bonne condition physique, a expliqué Therrien. Il ne faut pas qu’ils se découragent.» L’entraîneur insiste sur le conditionnement physique de ses joueurs, car il est très satisfait du travail que ces derniers ont fait durant l’été.
Place aux jeunes
Si le conflit entre l’Association des joueurs et la LNH se poursuit, l’équipe d’entraîneurs se concentrera sur le développement des jeunes espoirs. «Si ce n’est pas commencé la semaine prochaine, nous irons voir les jeunes à Sherbrooke, a dit Therrien. Cela nous donnera l’occasion de mieux les connaître.»
Les Bulldogs de Hamilton, le club-école du Tricolore, tiendront la première partie de leur camp d’entraînement du 29 septembre au 3 octobre en Estrie. À la fin du point de presse, un journaliste a demandé à la blague quelle serait la composition des trios en vue de la prochaine saison. Therrien a répondu ceci : «La seule chose que je peux vous certifier, c’est que le trio de [David] Desharnais restera intact.»
Bergevin impuissant
Sans convention collective, le DG du Canadien ne peut rien faire. Impossible d’effectuer des échanges ou de négocier de nouveaux contrats, comme celui de P.K. Subban. Même durant le lock-out, Marc Bergevin n’a pas pu éviter les questions sur le jeune défenseur.
Le DG a été fidèle à son habitude en refusant de dévoiler les détails des négociations. Il a toutefois souligné que ce n’était pas son intention d’attendre une nouvelle convention collective avant de s’entendre avec Subban.
Comme Therrien, Bergevin tournera son attention vers la ligue américaine si la saison est retardée. «Il y aura beaucoup d’espoirs à surveiller en raison du grand nombre de jeunes qui ont été envoyé dans les clubs-écoles.»
Molson solidaire
Le président et propriétaire du Canadien, Geoff Molson, a accepté de répondre aux questions des médias hier.
- Il s’est toutefois gardé de défier la ligne de partie – les propriétaires n’ont pas le droit de commenter le conflit de travail qui les oppose aux joueurs. Il a toutefois répété à plusieurs reprises que les équipes étaient solidaires entre elles et qu’il soutenait le commissaire de la ligue, Gary Bettman.
- Comme il est le propriétaire d’une des équipes les plus rentables de la ligue, il a bien sûr souhaité que les deux parties s’entendent le plus vite possible. «Personne ne veut perdre une saison complète, a-t-il affirmé. Je suis optimiste et je veux que ça se règle rapidement.»
