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Tartinade d’intimidation et goûts musicaux du PM

«La liberté de parole, ce n’est pas dire n’importe quoi», a affirmé Jean Charest, décriant le fait que le groupe Mise en demeure soit invité à la Saint-Jean sur les plaines d’Abraham.

Re-Charest : «Les opinions politiques peuvent toutes s’exprimer. Mais quand on s’exprime en dehors du respect, ce n’est pas la
liberté d’expression, c’est de l’intimidation.»

Si on suit sa logique, quand il a décidé de traiter la députée du Parti québécois Elsie Lefevbre de «chienne» à l’Assemblée nationale, de dire que Pauline Marois avait du «Jello à la place de la colonne» et de dire aux étudiants-manifestants qu’on allait leur «offrir un emploi, dans le Nord autant que possible», il tentait d’intimider les gens en question, non?

«La Liberté de parole, ce n’est pas dire n’importe quoi.»

Justement… Même si l’air et la chanson déplaisent au PM ou à qui que ce soit d’autre. L’art, c’est ça, entre autres. Permettre à un artiste de s’exprimer sous la forme qu’il choisit. La liberté d’expression est garantie par quoi donc déjà? Ah oui! La Charte des droits et libertés.

Au-delà de ça, des artistes engagés qui chantent de façon absurde, caustique, violemment ridicule comme ceux de Mise en demeure prennent déjà des risques : se faire houspiller, ne pas avoir de fans, ne pas gagner leur vie avec l’art.

Or, il se trouve que certaines personnes aiment ça et y voient un second degré. Tant mieux pour eux et tant pis pour les personnalités écorchées au passage.

Pour avoir écouté des chansons du groupe, question de ne pas trop parler à travers notre chapeau, c’est à mi-chemin entre du Mononc’ Serge et South Park qui rencontreraient Tricot machine. Totalement cru et incroyablement vulgaire et iconoclaste. Certains vont trouver ça horrible, et d’autres, très drôle.

On a tendance à oublier que Mise en demeure et ses émules ne sont ni des élus, ni des médias assujettis à un code déontologique ou à un contrat d’entreprise.

Parlant de contrat d’entreprise, vous ne pensez pas que les énergies du premier ministre seraient mieux dépensées s’il nous parlait de la Commission Charbonneau et du témoignage de Jacques Duchesneau? Témoignage au cours duquel ce dernier parle entre autres du fait que certains ministres du même Charest préféraient regarder par la fenêtre plutôt que de l’écouter parler de son rapport…

Mais bon…

Merci au premier ministre de sortir de son mutisme des dernières semaines pour se consacrer au domaine artistique : il fait une très belle pub à Mise en demeure.

La minute où il va quitter la politique, on l’engage. Imaginez : la tournée des Justiciers masqués, une présentation des Productions Patapouf.

Hé, Johnny Boy, quand est-ce qu’on va luncher?

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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