Avec la sortie dans les salles de cinéma de La dame de fer, qui raconte la vie trépidante de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher, le débat gauche-droite qui secoue les pays occidentaux et la planète entière reprend ses lettres de noblesse.
Le film de Phyllida Lloyd ne suffit pas à mettre le doigt sur l’ampleur des passions, de l’aura ainsi que de la grogne et de l’ire que le thatchérisme a soulevés à travers toute la planète. En complément, il faut visionner Lady of War, un reporta-ge diffusé par France 2, la chaîne de télévision publique française, qui propose un retour millimétré sur la vie de la Dame de fer, son parcours et son action à la tête de la Grande-Bretagne.
En visionnant ce reportage, il y a une chose qui nous saute aux yeux pour nous rappeler une réalité très importante. Quoi que disent les détracteurs du thatchérisme, derrière cette idéologie, il y a une femme et des hommes qui sont convaincus de la justesse et du caractère nécessaire de leurs actions.
Malheureusement, d’un bord comme de l’autre, la joute politique amplifiée par les médias caricature les combats d’idées. On dépeint à tort les gens de la droite comme des sans-cœur à la solde du capital, comme on réduit les gauchistes à de dignes descendants de Staline!
Pour la droite, quand un pays s’engage dans la voie du socialisme, il court le risque d’être emporté vers le totalitarisme de l’État qui s’accroît considérablement et ouvre la voie aux syndicats pour devenir plus puissant, ce qui mène à la paralysie du pays par des grèves répétées et interminables qui finiront par le ruiner. In fine, l’économie de marché sera détruite, et la liberté avec elle. Pour eux, il n’y a pas de liberté sans liberté économique.
De l’autre côté du spectre, pour la gauche, le libre marché planifie la destruction du syndicalisme avec une maîtrise totale de l’information, comme dans une guerre. Il nuit à l’action syndicale, ce qui fait pencher le pouvoir de négociation du côté du patronat, qui sévira sans aucune gêne. En coupant les subventions, on accentue le chômage. S’ensuivent la restructuration et les privatisations, qui entraînent la désindustrialisation du pays. Alors là, on met en place un bar ouvert pour la finance.
La vie de la Dame de fer, cette fille d’épicier qui a réussi le tour de force d’abolir toutes les barrières liées à son sexe et à son rang pour devenir la première et unique femme première ministre du Royaume-Uni, cette femme-là, à elle seule, symbolise le combat éternel que se livrent les chantres du libre marché avec un État quasi absent et les défenseurs d’un socialisme rampant où l’État aspire à contrôler quasi tout.
Entre-temps, le peuple est pris en otage entre le marteau de la tyrannie du libre marché et l’enclume du totalitarisme prolétaire. Jusqu’à quand?
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.