Et si le 24 juin, on fêtait un pays? Heureux de vivre, heureux d’être de ce pays. Pas uniquement la fête d’un drapeau, la fête d’une culture, d’un état d’être… La fête d’une vie… De notre vie. Du peuple dont nous sommes.
Si la fierté montait en nous au lieu des rengaines passées, des désillusions et de l’amertume qui nous hantent?
Pas un casque, pas une matraque, pas un chat pour nous faire changer d’idée : fêtons-nous avec tout le
courage, le cœur et la joie de vivre qui font notre renommée.
Et si, de nous voir collés, regroupés, serrés dans la mouvance de la foule dont le murmure constant reflète le battement des cœurs à l’unisson, tous et toutes se joignaient à «la fête du nous», sans arrière-pensée, juste fiers, d’être nous-mêmes et… chez nous!
Chez nous? C’est chez vous! Chez vous? C’est chez nous! Parce que nous sommes nous. Comment un nous pourrait-il être plus invitant et limpide? Pourquoi questionner le nous, quand il s’offre à vous? Le souffle du nous est si doux et si chaud, qu’il peut, d’un seul coup, nous faire renaître si on se laisse porter en son sein.
N’en déplaise à ceux qui pensent que le nous est égoïste… Au contraire, le nous est celui de tout le monde, même de ceux qui hésitent à embarquer avec nous ou qui ont le nous, mou.
Le nous est accueillant, altruiste, aimant, rieur, fier, c’est le nous sur toutes les lèvres qui embrassent…
Le nous sur toutes les lèvres qui rassurent : nous sommes là. Le nous sur toutes les lèvres qui crient : «Vive nous!»
Vive nous! Et pourquoi pas? L’audace est de mise pour nous! Nos aïeux l’ont plantée de leurs mains, cette audace. Ils l’ont arrosée, ils l’ont protégée, ils l’ont laissée pousser à pleine maturité pour qu’elle rejoigne les sommets… Au-delà des monts et des vallées. Au-delà des mots et des valeurs. Cette audace, c’est nous. Ce pays, c’est nous. Et nous sommes ce pays. Depuis que nous sommes nous.
Il faut être patient, nous ne sommes pas nous depuis si longtemps.
Le nous est adolescent, il est un peu bohème, un peu défiant, fort en gueule et rond en bouche.
Mais ce nous doit être le nôtre, il doit nous appartenir. Le nous est à nous et à personne d’autre, même s’il est parfois débordant de jeunesse et de clairon, de vieillesse et de jurons, ce nous mérite un pays. Il faut le faire pour nous…
Ce pays de vous, ce pays d’eux, ce pays d’elles, ce pays… À nous.
De partout… Fêtons-nous! Bonne St-Jean!
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.