Débats

La MLS à l’ère des «entraîneurs désignés»

Le cliché est bien connu dans le milieu du foot nord-américain: «Un entraîneur étranger [surtout européen] ne peut pas avoir de succès en MLS.»

Certains fiascos passés peuvent d’ailleurs donner l’impression qu’il s’agit de bien plus qu’un simple cliché. On n’a qu’à penser au Brésilien Carlos Alberto Parreira, au Néerlandais Ruud Gullit ou, plus récemment, à l’Écossais Owen Coyle, trois noms bien établis à l’échelle internationale, qui n’ont jamais réussi à s’imposer au pays de l’oncle Sam.

L’évolution fulgurante de la ligue au cours de la dernière décennie tend cependant à démontrer que son contexte tactique et sa structure de plus en plus solide se prêtent de mieux en mieux aux idées plus évoluées (indépendamment de leur provenance) et à leurs exigences.

Des 12 équipes qui ont pris part aux séries éliminatoires 2017, pas moins de cinq sont dirigées par des entraîneurs étrangers. Une proportion notable, lorsqu’on sait que 15 des 22 entraîneurs à avoir commencé la saison en MLS sont des Nord-Américains (14 Américains et le Montréalais Mauro Biello).

La qualité bonifiée des produits des académies de la ligue ainsi que cette nouvelle capacité à attirer non seulement des vedettes en fin de carrière mais aussi du talent international de plus en plus jeune viennent rétrécir d’année en année le fossé tactique qui existe entre le Circuit Garber et les grandes ligues européennes auxquelles il se compare, et ce, il faut le dire, avec de moins en moins de complexes.

Cette tendance, concrétisée à la perfection en 2017 par le magnifique projet du Atlanta United FC, qui a misé gros avec Gerardo Martino, porte à croire que l’écart entre les entraîneurs made in MLS et leurs collègues étrangers s’amenuisera substantiellement au cours des prochaines saisons.

Dans une ligue aussi paritaire que la MLS, l’avantage compétitif que peut donner un coach de calibre supérieur est de plus en plus difficile à ignorer. Lors de son bilan 2017, Joey Saputo n’a d’ailleurs pas manqué de mentionner qu’il s’attendait à ce que le prochain pilote de l’Impact soit en quelque sorte une «extension de [ses] joueurs désignés».

En ce sens, qu’on soit d’accord ou non avec le renvoi de Biello ou avec les raisons invoquées (voir ma chronique de la semaine dernière), la direction prise par l’Impact semble éclairée, voire visionnaire.

Reste maintenant à espérer que la direction montréalaise sache trouver l’homme idéal pour l’emploi et, surtout, lui donne les outils et la liberté nécessaires pour faire son travail, non seulement sur le terrain mais aussi d’un point de vue institutionnel.

En attendant de connaître son nom, on peut se réjouir que l’Impact embarque dans le train des «entraîneurs désignés» plus tôt que tard.

@_marcuzzi

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