Depuis quelques jours, une nouvelle fait grand bruit dans les médias : selon des études, Montréal ne sera plus majoritairement francophone en 2031!
Quoi? Êtes-vous en train de nous dire que les commerces avec des noms québécois, bien de chez nous, seront appelés à disparaître? Qu’adviendra-t-il des Second Cup, Canadian Tire, Houston Steakhouse, Eggspectation, Nickel’s et autres fleurons qui représentent si bien notre belle langue française? Serons-nous encore capables de nous faire servir dans un français décent dans les boutiques de vêtements de la rue Sainte-Catherine? Pourrons-nous toujours comprendre aussi bien les pancartes affichées dans le quartier chinois? Et des commentateurs sportifs de Hockey Night in Canada habillés en complets carreautés ridicules commenceront-ils à émettre des opinions xénophobes sur les joueurs québécois alors qu’ils sont payés à même nos impôts?
Tant qu’à y être, verra-t-on le jour où des députés unilingues anglophones seront élus dans des comtés à forte majorité francophone? Non, affirme Ruth Ellen-Brosseau, ajoutant : «La française est protectionnée de manière évident. Et c’est ce qu’on promulgue au NDP.»
D’ailleurs, dans le même ordre d’idées, Pauline Marois, se faisant demander ses commentaires sur la question par la presse anglophone, aurait répondu par la phrase cinglante et lapidaire : «John and Mary go to school.»
Et selon Gérald Larose, Montréal est même menacée de devenir une seconde Winnipeg. Regardons ça de plus près : il y aurait certainement des retombées positives pour tous, comme par exemple… comme… euh… euh… euh… Ah! On a trouvé : si nous parlions tous anglais, nous ne serions pas en mesure
de lire les déclarations très pertinentes de Gérald Larose! Un point pour Winnipeg!
Heureusement, le premier ministre Charest nous a dit qu’il avait la situation bien en main et qu’il ne fallait pas s’inquiéter! Exactement la déclaration de son ex-ministre des Transports Sam Hamad sur l’état des routes… juste avant qu’un autre bloc de béton écrapoutisse quelqu’un et qu’il soit relégué au ministère du «Serrage de mains et ferme ta yeule». D’ailleurs si Charest a encore «les mains sur le volant», ça ne doit pas lui être très utile, étant donné qu’il est probablement pris dans un bouchon comme tout le monde!
En conclusion, to conclude, nous ne prendrons plus de chance : nous écrirons nos chroniques dans les deux langues. We will write in the two tongues. Thank you for your comprehension, francophones. Merci de comprendre que vous êtes remerciés, les francophones.
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– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.