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Iran: la pagaille!

Bras droit du président sous les verrous, inflation infernale, monnaie en chute libre et chômage galopant, l’Iran a les deux genoux à terre. Pourtant, le régime des Ayatollahs se durcit!

Depuis un an, le rial, la monnaie iranienne, a perdu plus de 80% de sa valeur à cause de l’adoption de sanctions pétrolières et bancaires renforcées par la communauté internationale face au programme nucléaire de Téhéran. Conséquence immédiate, la flambée des prix des biens importés. Le taux officiel de l’inflation a atteint plus de 23 %.

Alors, on croirait que le pouvoir en place va se souder les coudes dans la crise. Pas du tout! La semaine dernière, alors que Ahmadinejad se trouvait à New York où il tenait un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, les agences de presse officielles iraniennes ont annoncé l’incarcération, à Téhéran, d’Ali Akbar Javanfekr.

Même si cette annonce a été relayée par l’AFP, elle est passée presque inaperçue en Occident. Pourtant, le personnage écroué n’est pas n’importe qui. En plus d’être le conseiller pour la presse du président iranien, il dirigeait l’agence officielle IRNA (Islamic Republic News Agency) ainsi que le quotidien gouvernemental Iran.

Ce proche collaborateur de Mahmoud Ahmadinejad a été condamné à un an de prison en première instance en novembre 2011, peine qui a été réduite en appel à six mois de prison ferme, en février 2012. Le régime en place l’accuse d’avoir insulté le guide suprême et publié des contenus contraires aux valeurs islamiques et à la morale publique.

Selon l’AFP, l’entourage d’Ali Akbar Javanfekr laisse entendre le contraire. Ces poursuites étaient liées à la publication, dans un magazine d’État contrôlé par M. Javanfekr, d’un article critique sur l’obligation faite aux femmes de porter le foulard islamique en Iran.

Les médias spécialisés ne cessent de le répéter. En Iran, sous la houlette du guide suprême Ali Khamenei, les ultraconservateurs ont lancé l’an dernier une violente campagne contre le président Ahmadinejad et certains de ses proches, accusés de déviationnisme et de remise en cause des fondements de la République islamique.

En effet, si en Occident on perçoit le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, comme un extrémiste et un radical. Là-bas, à Téhéran, les Ayatollahs le trouvent trop laxiste à leur goût.

Et cette vérité se vérifie de plus en plus. L’incarcération de Javanfekr intervient quelques jours après celles du fils et de la fille de l’ancien président, Akbar Hashemi Rafsandjani, considéré comme un modéré. Les autorités locales ont ordonné aussi la fermeture du principal quotidien modéré du pays, Shargh, pour avoir publié un dessin jugé offensant pour les anciens combattants. Ce périodique est un habitué des « fermetures ». Déjà, en 2007, il avait été interdit pour avoir publié une entrevue avec une poétesse vivant à l’étranger et soupçonnée d’être lesbienne.

L’embargo occidental met une pagaille économique incommensurable en Iran. Dos au mur, le régime durcit à l’intérieur son ton envers les modérés mais aussi à l’extérieur envers les Américains et leurs alliés. Le salut des Ayatollahs passe par la tourmente d’une confrontation finale avec leur ennemi numéro un : Israël. À tout prix!

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