Réalisateur espagnol le plus célèbre et le plus consacré internationalement des vingt dernières années, Pedro Almodóvar (Tout sur ma mère, Volver) célèbre ses trente ans de métier avec son film Étreintes brisées.
Ce film raconte l’histoire de Mateo Blanc un réalisateur déchu qui a perdu la vue et l’amour de sa vie dans un accident de voiture. Sous le pseudonyme de Harry Caine, il vit dans l’obscurité depusi quelques années. La mort d’un certain Ernesto Martel et la venue d’un jeune artiste lui redonne envie de s’attaquer à un projet de film.
Ce film est d’abord et avant tout un film sur le cinéma avec son intrigue qui tourne autour d’un film dans le film et confirme la plénitude d’un cinéaste qui a atteint son apogée et qui livre ses lettres de noblesse au 7e art. Ce chant d’amour se fait sentir dans chaque prise : il y a de la douleur, il y a de l’émotion, du suspense, des rires aussi (parfois hystériques comme à ses débuts), mais surtout, il y a la marque d’un grand cinéaste en pleine possession de ses moyens. Étreintes brisées n’est peut-être pas le meilleur film d’Almodóvar mais c’est peut-être son oeuvre la plus personnelle et honnête de son illustre carrière.