Le prédateur, il a envahi ses terres, exploité ses frères. Le maître, il a vendu ses ancêtres dans un commerce triangulaire, celui de la traite négrière! L’envahisseur, il a massacré ses combattants, violé leur âme.
Il s’est indigné, Madiba! L’avocat a crié non à l’injustice. On l’a acculé, dos au mur et mis une arme dans ses mains. Il n’a pas abdiqué dans la clandestinité et a préféré lutter contre le diable avec l’amour.
Le blanc l’a isolé du monde, détruit ses rêves pendant deux décennies à casser des cailloux à Robben Islande, l’autre goulag.
Le tyran blanc, lui, il a construit des murs de ségrégation, intimidé ses esclaves pour régner en puissant. Il a savouré sa haine dans la peur.
Le combattant a rêvé et a patienté sans jamais céder à la loi du plus fort. Seul dans la pénombre, il a tenu tête à ses tortionnaires.
Dans le calme et par la fougue d’aimer même son ennemi, il a fait céder ses bourreaux. Ils l’ont lâché à la meute pour le narguer. Il a fini par convertir toute sa nation arc-en-ciel et la terre entière.
Mandela ne s’est nourri ni de la haine, ni de la colère, ni de la vengeance, ni de la peur. Il a aimé son ennemi comme un frère. C’était son lègue à toute la terre.
Le nouveau président a tenu ses promesses chéries de liberté, d’égalité et de démocratie dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités.
Madiba parti, le blanc, comme le noir, ému, le pleure, le commémore. Tout le monde le vénère et honore sa mémoire. Mais savent-ils aimer comme lui a aimé son prochain, même le pire?
